| dimanche 17 février 2008, a 13:47 |
| TOUTES LES FICHES DISPONIBLES POUR DARIO ARGENTO |
L'Oiseau au plumage de cristal

Le Chat a neuf queues
Quatre mouches de velours gris
Cinq jours de révolution
Les Frissons de l'angoisse
Suspiria
Inferno
Ténèbres
Phenomena
Opera
Deux yeux maléfiques
Trauma
Stendhal Syndrome
Le Fantôme de l'opéra
Le Sang des innocents
Card Player
Vous aimez Hitchcock ?
Masters of horror 4 - Jenifer
Masters of horror 19 - J'aurai leur peau !
Mother of Tears
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| dimanche 17 février 2008, a 13:40 |
| MOTHER OF TEARS |

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Troisième volet de la trilogie des "Trois mères". Sarah, jeune américaine étudiant l'art à Rome, ouvre malencontreusement une urne maléfique, d'où s'échappe la pire sorcière de tous les temps. Les sorcières du monde entier se rendent alors à Rome pour rendre hommage à leur chef, tandis que Sarah use de son pouvoir psychique pour tenter de contrecarrer les plans de la sorcière... |
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| dimanche 17 février 2008, a 13:38 |
| MASTERS OF HORROR 19 - J'AURAI LEUR PEAU ! |


Prêt à tout pour s'attirer les faveurs de la femme qu'il désire, un marchand de fourrure vole des peaux d'une douzaine d'animaux à la fourrure certes splendide mais dotée de pouvoirs magiques... |
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| dimanche 17 février 2008, a 13:37 |
| MASTERS OF HORROR 4 - JENIFER |


Adapté de la célèbre bande dessinée créée par Bruce Jones et illustrée par Bernie Wrighton, JENIFER est le récit choquant d'une Lolita des temps modernes, qui avec ses pouvoirs de sirène, finit par détruire le corps et l'âme de tout homme malchanceux croisant son chemin. Après lui avoir sauvé la vie, un officier de police l'emmène chez lui et découvre qu'aucune bonne action ne reste impunie… |
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| dimanche 17 février 2008, a 13:35 |
| VOUS AIMEZ HITCHCOCK ? |


A la vidéothèque de son quartier, Giulio surprend deux jeunes femmes, Sasha et Federica, en train de discuter de L'inconnu du Nord Express d'Hitchcock. Les deux femmes se plaisent et s'échangent leurs numéros… Rentré chez lui, Giulio découvre, à travers le rideau déchiré, que Sasha habite l'appartement en face de chez lui et la surprend en pleine dispute avec sa mère. Le lendemain, il apprend que celle-ci est morte, assassinée. Mais Sasha a un alibi : elle n'était pas chez elle ce soir-là au collet. Pourtant, Giulio a des soupçons et décide de mener seul l'enquête.coupable. |
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| dimanche 17 février 2008, a 13:33 |
| CINQ JOURS DE REVOLUTION |


Conduit par la philosophie libertaire de son auteur, le film nous raconte l'histoire de deux amis, Cainazzo le malfaiteur et Romolo le boulanger, qui sont impliqués, sans le vouloir, dans les mouvements anti-Autrichiens qui bouleversent Milan en 1848. |
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| dimanche 17 février 2008, a 13:32 |
| QUATRE MOUCHES DE VELOURS GRIS |


Roberto est batteur dans un groupe de rock. Mais il reçoit d'étranges appels d'un inconnu qui semble également le suivre parfois. Une nuit, il réussit à prendre sur le fait l'inconnu et le tue accidentellement. Roberto s'enfuit mais quelques jours plus tard, il reçoit par courrier des photos du meurtre où il est reconnaissable. Quelqu'un tue les membres de son entourage un par un... |
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| dimanche 17 février 2008, a 13:22 |
| TRAUMA |

Sur un pont, Aura Petrescu, une jeune anorexique de 16 ans, d'origine roumaine, tente de se suicider. Elle est sauvée grâce à l'intervention de David Parson, dessinateur de son état. Aura est ramenée chez ses parents. La nuit de son retour, sa mère (une voyante) et son père, sont sauvagement assassinés. Aura n'a que le temps d'apercevoir une ombre tenant deux têtes. Elle se réfugie chez David, persuadée d'être la prochaine sur la liste du tueur.
Pour des milliers de fans, Dario Argento est le maître incontesté du giallo ("Les Frissons de l'Angoisse', "Ténèbres") et de l'épouvante (avec sa trilogie inachevé des Trois Mères :"suspiria', "Inferno"). Inévitablement, les Etats-Unis, sentant le potentiel du réalisateur italien lui font les yeux doux. Nous sommes à la fin de la décennie 80. Une expérience sur le territoire américain qui se résume à "Deux Yeux Maléfiques" (un film à sketches co-réalisé avec George Romero) et à ce fameux TRAUMA, dont il est question ici.
Pour l'occasion, Argento, livre un produit, sur un thème qu'il connaît sur le bout des doigts : le giallo. Mais en délestant ce genre codifié de ses oripeaux traditionnels. Ici, point de musique à la Goblins, ni de couleurs voyantes (sur le mode de "Suspiria"), mais une approche plus réaliste du film de sérial-killer. Avec TRAUMA, Argento aborde un tournant dans sa carrière. Il met aussi la pédale douce sur la sauvagerie des meurtres. Ces derniers sont confiés aux bons soins de Tom Savini ("Vendredi 13 ") : on peux ainsi voir des gorges lacérés, des têtes coupés. Forte originalité : l'arme du tueur fait dans l'innovant, avec un fil d'acier électrique. Une arme éminemment mortelle dans les mains du tueur. Car, même si les meurtres sont graphiquement moins gores, Dario Argento reste fidèle à lui-même (c'est pour ça qu'on l'aime tant et que même un de ses films mineurs surpasse n'importe quel film de terreur hollywoodien) et impose des meurtres sadiques. Le tueur utilisant un produit qui paralyse ses victimes, qui voient la mort venir sans pouvoir réagir.

Pourtant, curieusement, on n'adhère pas tellement à l'histoire, à cause d'un rythme plus proche du film policier que du thriller horrifique. Ce qui est étrange car le scénario est bien écrit, et ne comporte pas d'erreurs trop flagrantes. A ce sujet, l'identité du tueur apparaîtra logique à la vue des indices (donc, loin des aberrations d'un "Opera" -l'un des plus mauvais scénarios de l'ensemble des giallos). Visiblement, Argento est plus à l'aise dans des visions "moins réalistes " que dans un récit plus terre à terre. Des fautes de goûts parsèment aussi le long-métrage. Les génériques de début et de fin relèvent de la plaisanterie pure et simple : l'un avec sa musique révolutionnaire, et l'autre avec le Reggae. L'importance d'une bande-sonore réussie étant importante (voire primordiale) chez Argento, ces erreurs se payent au prix fort. Ce n'est pas la musique de Pino Donaggio qui va apporter du réconfort, tellement elle en retrait. L'on avalera aussi difficilement le fait de voir des têtes parler une fois détachée de leur corps. Un pur moment de fantastique particulièrement délirant qui rend le récit moins crédible.

TRAUMA constitue un Argento mineur mais qui comporte des éléments qui valent le détour, sans oublier un casting globalement convainquant, à l'exception du fade Christopher Rydell, le héros de l'intrigue. Les fans les plus hardcores reconnaîtront l'inspiration de certains passages puisés dans sa propre filmographie (ex : le lac, référence à "Phenomena").
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| dimanche 17 février 2008, a 13:19 |
| TERREUR A L' OPERA |

Lorsqu'une diva est mise sur la touche après avoir été renversée par une voiture, Betty la remplace au pied levé, pour jouer dans Macbeth, pièce réputée maudite. Ce qu'elle ignore alors, c'est qu'elle va devenir la cible d'un admirateur qui sème la mort autour d'elle. Un tueur lié à son passé, qui l'oblige à assister impuissante à ses crimes.

Avec "Opera", Argento peut livrer au monde entier son amour pour cet univers musical qu'il retrouvera plus tard avec son décrié "Le fantôme de l'opéra (1998)". La question qui se pose en visionnant ce giallo est de savoir s'il s'agit du dernier grand film du réalisateur italien ou bien du début de la descente aux enfers? Il y a un peu des deux dans le constat que l'on est obligé de faire après la vision de ce film qui fut difficile à aboutir.
Sorti directement en vidéo chez nous, "Terreur à l'opéra", mérite une réhabilitation partielle. La grande force provient d'une maîtrise parfaite des techniques de mise en scène (steadycam, meurtres suivis au plus près avec la mention pour le coup de revolver tiré dans un judas). L'opéra est le théâtre de toutes les audaces artistiques pour un artiste qui avait alors renoncé depuis déjà quelques films à ses couleurs criardes qui ont fait sa réputation ("suspiria", "inferno"). En adoptant un ton plus réaliste, Argento se permet d'aller nettement plus loin dans les meurtres qui sont graphiquement très gores. C'est malheureusement en s'éloignant du lieu principal de l'action (l'opéra donc) que le réalisateur est beaucoup moins en forme. A ce titre, le final tombe dans le nanar le plus grotesque (l'héroïne aurait très bien pu se retrouver dans "Heidi") avec cette ambiance champêtre à laquelle on a dû mal à croire.

Bien qu'inscrit dans une atmosphère qui se veut réaliste, Dario ne peut s'empêcher de glisser quelques éléments fantastiques, comme lorsque les corbeaux sont utilisés pour démasquer le tueur. Aussi improbable que soit cette scène, l'on est envoûté par la réalisation d'un maître en pleine possession de ses moyens. Mais si "Terreur à l'opéra" a surtout marqué les esprits (en plus du meurtre par le Judas qui a inspiré récemment "saw 2"), c'est par l'utilisation très spéciale d'aiguilles sous les yeux pour que Betty puisse regarder les meurtres. Les gros plans sur les yeux ainsi contraints à rester ouverts ne peut provoquer que de l'effroi, tant le réalisateur insiste sur une partie de notre anatomie des plus sensibles et fragiles. La jeune soprano se trouve ainsi soumise au caprice de son "tortionnaire" qui joue avec ses sens à sa guise. A un moment donné, il lui bandera les yeux pour qu'elle ne le regarde pas. Le tueur se la joue Deus Ex Machina, jouant avec sa proie à sa guise.

En dehors de ses qualités techniques, "Opera", accumule les défauts et les tares qui malheureusement l'empêche d'être le grand giallo qu'il aurait dû être. La faute à une interprétation d'acteurs incapables de transmettre la moindre émotion (même la pourtant douée Daria Nicolodi se demande ce qu'elle fait là à débiter des mots passe-partout!) et à des réactions incohérentes. Pourquoi Betty ne semble pas réagir plus que ça aux meurtres qui l'entourent? Comment le tueur a pu s'échapper d'une pièce fermée? Autant de questions qu'il vaut mieux éviter de se poser sous peine de déception car l'enquête policière n'est guère passionnante ni crédible. D'ailleurs, Argento n'a jamais vraiment été à son aise dans le domaine de la cohérence scénaristique mais se rattrape par ses foudroyances horrifiques. Là où sa réalisation sera terne par contre comme pour "card player", l'échec est flagrant. La force d'Argento réside dans sa capacité à camoufler cette faiblesse par son génie créatif, ce qui est encore le cas en ce qui concerne "Terreur à l'opéra".
Grâce à sa maîtrise parfaite d'un genre qu'il a vu naître, l'auteur de "les frissons de l'angoisse" arrive à distiller une sourde angoisse en reprenant les habitudes du giallo: tueur ganté, souvenir enfoui au plus profond de la mémoire.... L'illusion est quasi parfaite même si la dernière partie fait retomber l'impression du mauvais côté. Une fin bâclée pour une conclusion un peu trop attendue et prévisible. Inégal sur sa durée, "Terreur à l'opera" reste néanmoins à voir pour la maestria des meurtres et une réalisation à la hauteur des ambitions de son sujet: Lyrique!
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| dimanche 17 février 2008, a 13:13 |
| TENEBRES |

Le célèbre écrivain Peter Neal, auteur de nombreux romans policiers, se rend à Rome à l'occasion de la parution de son nouveau best-seller : "Ténèbres". C'est alors qu'une série de meurtres se commet dans l'entourage du romancier. Tous les crimes semblent inspirés de son nouveau roman car le meurtrier enfonce une page de "Ténèbres" dans la bouche de chaques victimes. Un inspecteur de police est chargé de l'enquète mais il ne réussi guère à trouver des pistes. Peter décide alors de se charger de l'affaire et avec l'aide de sa secrétaire, il part chasser le tueur. Ensemble, ils démasquent bientôt le journaliste Critiano Bruni. Celui-ci, révolté par le contenu sanglant et érotique des oeuvres de l'écrivain, commettait ses meurtres afin de descréditer Peter auprès de son public. Après que Bruni meurt de façon plutôt violente, tout paraît rentrer dans l'ordre. Mais bientôt, les meurtres reprennent. La maîtresse de Peter, Maria, est sauvagement assassiné à coups de hache...

Ténèbres marque le retour de Dario Argento au giallo, c'est-à-dire au film policier avec un assassin habillé en noir et tuant à l'arme blanche. Après Suspiria et Inferno, il délaisse les ambiances fantastiques pour réaliser une oeuvre beaucoup plus ancrée dans la réalité. On peut noter quand même quelques longueurs dans ce film, néanmoins fort bien réalisé. Les meurtres sont violents, surtout la mort de Maria. La fin est fort bien amenée et originale. Un bon film d'Argento mais on lui préférera "Les Frissons de l'angoisse" dans le même style...
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| dimanche 17 février 2008, a 13:10 |
| LE SYNDROME DE STENDHAL |

Anna Manni, flic à la brigade antiviol, se rend au musée des Offices à Florence, dans le secret espoir d'y trouver un redoutable violeur. Fascinée par les œuvres d'art qui l'entourent, la jeune femme finit par s'évanouir. Elle apprend ainsi qu'elle souffre du syndrome de Stendhal, un mal consistant à donner l'impression que certaines œuvres d'art sont vivantes. Profitant de la situation, le violeur agresse Anna et la viole. Traumatisée, elle suit une psychothérapie, avec la sensation d'être toujours épiée par son agresseur.
A la fin des années 90, pour beaucoup de monde, Dario Argento est considéré comme un artiste sur le déclin. Après l'expérience américaine peu concluante ("Trauma") et l'échec sans appel du "Fantôme de l'opéra", le maestro avait besoin d'un second souffle. Si, sur le plan de la réussite au box-office, il ne le trouvera pas avec "Le syndrome de Stendhal" [le film connaîtra une sortie injustifiée en direct to vidéo en France], son dernier film du vingtième siècle est un petit bijou. Ni giallo, ni film d'horreur pur, son histoire nous entraîne dans une enquête policière, tout en se concentrant sur les problèmes psychologiques d'Anna Manni. Un film d'Argento teinté de névroses? Pas une première, mais rarement poussée à l'extrême comme c'est le cas ici.

Dès les premières images, nous voyons Anna, interprétée avec conviction par Asia Argento -qui y trouve à ce jour son meilleur rôle- qui se rend au musée des Offices. Une indication comme quoi c'est le personnage central d'une intrigue aux forts relents psychologiques. Mais, ce serait méconnaître Argento père que de s'imaginer qu'il ait pu renoncer à son style fait de stylisation et de violence graphique. Côté stylisation, le réalisateur s'essaie à quelques innovations avec un bonheur variable -il faut bien le reconnaître- (cachet dans la gorge, balle qui traverse une tête, tableau qui disparaît ou qui fait pénétrer le spectateur dans une autre réalité). En ce qui concerne la violence graphique, le fan de la première heure peut y trouver son compte (tête trouée, énucléation…). Le travail fait par Franco Casagni (''Opera'') y est bluffant de réalisme. Les rapports entre le violeur/tueur et Anna confinent à une relation des plus étranges. L'agresseur n'ayant de cesse de blesser Anna (sans la tuer) afin que lors des scènes où il la viole, son sang se mélange au sien. Eros et Thanatos, un mélange des plus morbides mais qui fonctionne encore une fois.

Rares sont les films de Dario Argento qui sont suffisamment charpentés sur le plan scénaristique. D'où une heureuse surprise que ce "Syndrome de Stendhal", qui s'appuie sur des études psychiatriques sérieuses pour ce mal mystérieux décrit par l'auteur du "Rouge et le Noir" au début du XIXème siècle. En effet, des œuvres d'art exerceraient une telle fascination chez certaines personnes, qu'elles en perdent tous leurs moyens, et ont l'impression que les œuvres sont vivantes. C'est donc de ce mal que souffre notre héroïne, la rendant plus fragile.
L'Art (qui a toujours eu un rôle majeur chez Argento) se retrouve du coup au cœur de l'intrigue, comme un personnage principal. Dès les premières minutes, nous voyons différentes statues lorsqu'Anna traverse Florence (la ville berceau de la Renaissance!). Par la suite, les œuvres d'art ne quitteront plus l'univers de la jeune femme, perturbée à chaque fois qu'elle s'en approche. Ce qui ne l'empêchera pas de tomber amoureuse d'un étudiant dans les Beaux Arts. Un paradoxe? Pas tout à fait car trouvant une conclusion logique dans le dénouement, qu'il serait fort dommage de révéler ici.

Bénéficiant d'une scénario sans failles, "Le syndrome de Stendhal" n'a rien à envier aux œuvres maîtresses du maître ("Les frissons de l'angoisse", "Suspiria", "Inferno"). Sous-estimé lors de sa sortie, ce thriller mérite d'être réévalué. Sortant du genre giallo, Dario Argento a alors le souci de faire évoluer le thriller transalpin. Malheureusement, cette tentative de renouveau restera sans suite. Le réalisateur revenant à des codes plus classiques, pour le meilleur avec "Le sang des innocents" et pour le pire avec "Card Player".
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| dimanche 17 février 2008, a 13:06 |
| SUSPIRIA |

Jeune danseuse américaine, Suzy Banner débarque en Allemagne afin d'intégrer l'académie de danse de Fribourg. A la sortie de l'aéroport, une violente nuit d'orage l'accueille. Elle hèle un taxi qui l'achemine jusqu'à la Escher Strasse… Devant l'imposante façade de l'académie, elle croise une jeune fille à l'air affolé criant dans l'interphone des mots en grande partie inaudibles à cause du tonnerre et de la pluie. Cette jeune fille, Suzy l'apprendra le lendemain, est une élève que l'académie vient de renvoyer. Son nom est Pat Hingle. Elle va mourir.

Percussions, stridence de cordes, chœur mystique, basses ondoyantes : dès les premières secondes du générique (lettres pop blanches sur fond noir), une transe de terreur vous rentre par les oreilles comme un déluge d'eau froide : le sabbat de la Mère des Soupirs n'attend pas. Il se tapit tout au plus dans une petite mélodie sournoise, rendant chaque chose suspecte : les portes automatiques de l'aéroport, la mauvaise volonté incompréhensible que met le chauffeur de taxi à comprendre la destination de Suzy, les éclairages de la ville, la forêt noire alentour, le bâtiment de la Tanz Akademie qu'on croirait coulé dans l'or et le sang…
On parle toujours de la magnificence visuelle de "Suspiria", mais on oublie trop souvent l'évidence : son envoûtement prend source dans le son, "agit sur la réalité de façon maligne", comme dira le professeur Milius à Suzy à propos des sorcières. Et si la musique des Goblins atteint ici son sommet, c'est qu'elle n'est plus seulement chargée de dramatiser les scènes : elle est un personnage, certes invisible, mais à part entière. Murmures, cacophonies, incantations, tout a été enregistré avant même le tournage du film et été diffusé pendant les prises de vue, branchant les actrices sur le courant haute tension d'un hypnotisme surnaturel.

C'est qu'il n'y a rien de plus intriguant, de plus terrorisant qu'un bruit dont on ne parvient pas à localiser précisément l'origine. Cette peur-là remonte à l'enfance, et Dario Argento en use avec une perversité consommée, qui culminera dans les caresses et les cliquetis d'une lame de rasoir contre un loquet fermé, la porte dissimulant le visage de l'assassin. Réduite à l'état de jolie poupée dont la Reine Noire pourra plus tard utiliser le cadavre à sa guise, il ne reste plus à la victime qu'à écarquiller les yeux, tordre son visage d'angoisse, trembler et tenter de fuir, mais non : tu as dédié ton corps à la dictée musicale, propriété exclusive de la Mère des Soupirs. Tu m'appartiens, et tu ne m'échapperas pas.
Pourquoi, d'ailleurs, une académie de danse ? Parce que la danse est l'art d'épouser et de suivre un son. Et si Suzy Banner va entièrement se vouer à la découverte de la source interdite, essayant par la mémoire de décoder les paroles de Pat Hingle, c'est que le chemin de l'exorcisme est à rebours de la partition. N'arrivant plus à danser, son énergie passe toute entière dans l'élucidation du mystère. Les sorcières le savent, qui font mine d'essayer de la soigner…
Même chose pour le pianiste aveugle : un homme qui s'en remet totalement à l'audition ne peut pas tomber dans le panneau des merveilles visuelles, et ne peut qu'être dangereux à la longue. On le punira donc en lui faisant comprendre une erreur fatale : si l'identité des sorcières se cache bien dans le labyrinthe sonore, leur façon de tuer n'en est pas moins matérielle, la mort frappant toujours par là on ne s'attendait pas.
Le prodige de "Suspiria" est qu'il pousse à l'extrême tous les aspects horrifiques et esthétiques qui sont les siens. Non seulement la bande sonore diffuse une atmosphère de terreur sacrée, mais les images elles-mêmes participent à cette bacchanale des sens. On a assez parlé de la perfection graphique du film : décors, lumières, couleurs obtenues grâce au même Technicolor que celui qu'on utilisait dans les années 50, tout cela compose un univers baroque et hyper stylisé qui sature le regard du spectateur et l'enivre d'un plaisir fasciné.
C'est sur ce fond pictural luxueux que les meurtres s'inscrivent, avec une violence inouïe de beauté gore, sèche et brutale, le charcutage des corps libérant une sève sanglante qui s'unit au reste du tableau. Le scénario est d'une minceur confondante, mais à contrario chaque plan, chaque scène devient en elle-même une œuvre d'art. On peut ouvrir une galerie de photographies à partir de captures d'images de "Suspiria", la qualité de chaque plan recelant des trésors de composition. La moindre des choses, quand on vient du pays de Titien et de Tiepolo…
Les séquences de meurtre prennent alors une dimension extraordinaire, bien qu'elles se comptent sur les doigts d'une main. Chacune d'entre elles est une cérémonie, un rituel prodigieux où la victime est soigneusement entoilée avant son sacrifice. Préparation par un suspens démesuré, surgissement terrorisant, frappe sauvage, contemplation à la fois horrifiante et séduisante, la caméra se fait tour à tour couleuvre glissant sur les corps et les décors, ou gargouille épiant d'une œil fixe la succession implacable des blessures : on y vise le cœur, les poumons et la gorge… Logique.
Dans la séquence finale, Suzy va enfin se souvenir, et résoudre l'équation de la Tanz Akademie. Retourner une fausse plume de paon, symbole de la majesté et des illusions visuelles, contre l'invisible Mère des Soupirs, la Reine Noire, Helena Markos (un nom grec, une académie, cela ne vous dit rien ? Ah ah ah). Quelques entrechats maladroits pour échapper à la dissolution finale, et Suzy retrouvera en riant la pluie d'orage qui l'avait accueillie au départ…
"Witch !" En 1977, sur ce film-là, Dario Argento était vraiment possédé, et fort heureusement son feu sacré s'est communiqué à toute son équipe. Musiciens, techniciens, acteurs et actrices, tous ont conspiré avec un talent maximum à l'élaboration de ce film presque inhumain dans sa perfection, un des plus beaux et des plus terrifiants long-métrage du XXème siècle. "Avete visto : SUSPIRIA".
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| dimanche 17 février 2008, a 13:04 |
| LE SANG DES INNOCENTS |

"Le Nain", un mystérieux assassin, avait fait régner la terreur dans la ville de Turin, il y a 17 ans. Amanda, une prostituée, découvre par hasard l'identité du tueur mais celui-ci l'apprend et se met à pourchasser la jeune femme dans un train avant de lui réserver un sort tragique. Les meurtres reprennent alors et l'ombre du Nain replane à nouveau sur la ville. Chargé de l'enquête il y a 17 ans, le commissaire Morietti reprend du service et se remet sur les traces du tueur fou. Un jeune homme se passionne aussi pour le Nain, ayant vu sa mère se faire massacrer par le tueur sans pouvoir intervenir...

Enfin, Dario Argento nous revient en grande forme ! Notre réalisateur italien opère un véritable retour au source du cinéma qui a fait son succès, c'est à dire le Giallo. Assassin ganté vêtu de noir, meurtres orchestrés comme une oeuvre d'art, suspense, comptine d'enfant, coup de théâtre final, tous les éléments sont là pour nous plonger dans l'univers d'Argento. Les fans reconnaitront d'ailleurs les nombreux clins d'oeil à ses anciens films. LA séquence culte du film est une formidable course-poursuite dans un train, menée d'une main de maître et emmenée par une caméra virtuose. Les meurtres sont particulièrement violents, en particulier un meurtre avec comme arme une clarinette. Malgré quelques petites fausses notes, le nouveau Argento fait renaître son réalisateur et laisse présager de nouvelles oeuvres fortes, après la déception de ses derniers films...
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| dimanche 17 février 2008, a 13:02 |
| PHENOMENA |

Une jeune lycéenne qui a raté son autocar se fait assassiner dans une maison à coups de ciseaux. Jennifer, fille d'un grand acteur hollywoodien, se rend en Suisse pour intégrer une grande école afin de poursuivre ses études. Les autres élèves la préviennent qu'un assassin rôde dans la région et a déjà commis de nombreux crimes. Jennifer, qui est somnambule, adore les insectes et entretien avec eux des liens très fort puisqu'elle peut communiquer télépathiquement avec eux. Alors qu'elle est victime des mauvais jeux de ses camarades de classe, elle fait appel à ses petis amis et tout l'établissement se trouve recouvert d'insectes. Pendant une crise de somnambulisme, elle devient le témoin inconscient d'un nouveau meurtre. Ces dons intéressent le professeur John McGregor, un entomologiste vivant cloîtré sur un fauteuil roulant et ayant un chimpanzé comme seul compagnon. Ensemble et avec l'aide des insectes, ils décident de découvrir la vérité sur l'identité de l'assassin...

Phénomena est l'un de mes films préférés. Cela est sûrement du à la présence radieuse de Jennifer Connelly, âgé seulement de 14 ans à l'époque, mais aussi à la bande son très heavy métal et bien sûr à la réalisation de Dario Argento qui signe un excellent film, mêlant fantastique et giallo. De nombreuses scènes chocs ponctuent le film dont une décapitation qui restera dans les mémoires car on ne s'y attend pas du tout! Phénomena ressemble à un conte de fée horrifique avec une petite fille qui parle aux insectes et qui devient la proie d'un tueur sanguinaire. La dernière demi-heure est vraiment excellente dans son climat et on retrouve tout l'univers d'Argento. De plus, je trouve que ce film ne vieillit pas et on prend toujours autant de plaisir à le regarder à chaque vision. Bref, à ne pas manquer !!
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| dimanche 17 février 2008, a 12:59 |
| L'OISEAU AU PLUMAGE DE CRISTAL |
Lors de son séjour à Rome, un écrivain américain est témoin d'une tentative de meurtre. Ainsi, les premiers soupçons de la police se portent sur Sam Dalmas, contraint de prolonger son séjour dans la capitale italienne. La ville est alors ensanglantée par des meurtres de jeunes femmes. Une course contre la montre va se jouer entre Sam et le tueur, qui va tenter de s'en prendre à ce témoin, qui semble en savoir plus que sa propre mémoire.

La mise en chantier de "L'oiseau au plumage de cristal" ne fût pas de tout repos pour le jeune Dario Argento. En 1969, celui qui va devenir une des références du film d'horreur transalpin, n'était alors qu'un critique de cinéma et un scénariste en herbe ("Il était une fois dans l'ouest"). Difficile pour lui de trouver des producteurs pour son giallo, librement inspiré d'un roman de Frederic Brown ("The screaming mimi"). Il est amusant avec le recul que le temps a donné à ce film de constater à quel point les préjugés concernant la capacité de Dario Argento à réussir paraissent bien ridicules. A tel point qu'il s'est fallu de peu qu'un autre réalisateur plus confirmé ne soit appelé en remplacement. Au vu de l'oeuvre qui a si bien traversé le temps, il aurait été dommage!
Visuellement, "L'oiseau au plumage de cristal", permet de véritablement lancer une vague de gialli (ces policiers horrifiques caractérisés le plus souvent par des meurtres commis pas un tueur ganté), tout en s'inscrivant dans la démarche esthétique de Mario Bava, le père spirituel d' Argento. Car, il est plus qu'évident que le jeune réalisateur puise son inspiration dans les deux gialli de Bava, que sont "Six femmes pour l'assassin" et "La fille qui en savait trop". Tout en se réappropriant les codes des films précités, Dario Argento arrive à distiller une ambiance gothique. Voir Rome sous un brouillard n'est pas chose courante. Son utilisation n'est pas anodine permettant au tueur de pouvoir s'en prendre à un témoin gênant, un américain Sam Dalmas, en arrivant à le surprendre. Si Sam devient la cible d'un tueur dont l'identité restera secrète jusqu'au bout (le suspense sur son identité est vertigineux), c'est parce qu'il a assisté à une scène où sa mémoire lui donnera l'illusion de ne pas avoir discerné l'identité du tueur. Or, comme dans tout giallo qui se respecte, Sam Dalmas, a enfoui un élément primordial pour l'enquête.

Ce premier volet de la trilogie animale de Dario Argento (suivront "Le chat à neuf queues" et "Quatre mouches de velours gris") est aussi le plus abouti scénaristiquement, tout en gardant une identité propre. Les objets du décor jouent un rôle dans l'intrigue (notamment un tableau macabre, dont tout indique qu'il a un rôle dans les motivations du tueur). Argento joue aussi habilement avec les architectures et les zones de pénombres et d'obscurités, ce qui nous fait perdre nos repères, tout en restant subtile et n'appuie pas trop sa démonstration par des trouvailles de mise en scène. Deux scènes notamment symbolisent à merveille ce jeu de l'illusion: 1) la première agression à laquelle assiste Sam Delmas, et qui se retrouve bloqué entre deux vitres. Cette impression de transparence trompe le spectateur l'emprisonnant dans une intrigue plus complexe qu'à l'accoutumée; 2) la seconde scène est celle où une jeune femme monte des escaliers, et se trouve ensuite plongée dans l'obscurité, avant d'être assassinée dans un ascenseur par le tueur armé d'un rasoir. Ces deux scènes inspirèrent le "Pulsions" de Brian de Palma. Argento ne serait pas donc un simple suiveur mais un créateur à part entière contrairement à ce qu'affirment ses détracteurs (oui, il y en a!).
Loin de ses effluves sanglantes qui suivront et feront la réputation de Dario Argento, "L'oiseau au plumage de cristal", ne délaisse pas son enquête au profit de scènes purement gores. Les amateurs de séquences chocs peuvent être désarçonnés, mais ils auraient tort de passer à côté d'une oeuvre parfaitement interprétée et à laquelle la musique d'Ennio Morricone apporte une touche fantastique. On se trouve ainsi dans un film à la frontière entre plusieurs genres (un passage purement policier lorsque Sam Dalmas est poursuivi par un tueur armé d'un revolver).
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| dimanche 17 février 2008, a 12:56 |
| INFERNO |
Rose Elliot habite un immeuble new yorkais à l'atmosphère étrange. Elle est obsédée par un livre qu'elle vient de lire : "Les Trois Mères" de Varelli. Elle se met à fouiller les environs mais finit par être inquiète. Elle envoie alors une lettre à son frère Marc, qui étudie la musique à Rome, mais sa lettre tombe entre les mains d'une collègue d'étude. Mal lui en a pris car cette dernière est sauvagement assassinée en même temps qu'un voisin à qui elle a demandé de rester, anxieuse à la suite de la lecture de ladite lettre. Marc s'envole peu de temps après pour New York.

Pour apprécier INFERNO à sa juste valeur, il faut se laisser porter par les sensations que provoquent les images, aidées par la musique de Keith Emerson, qui pour le coup n'a rien à envier à celle des Goblins. Ce second volet de la trilogie des Trois Mères est bien trop souvent sous-estimé, dans l'ombre de "Suspiria", le précédent film de Dario Argento. Le récit démarre à Rome, nous dévoilant la très sensuelle et féline Mater Lacrimarum, avant de dévier et de prendre place à New York. C'est en effet dans la plus grande ville américaine que se trouve le siège de la Mater Tenebrarum (la plus terrifiante des Trois Mères).

Parfaitement en phase avec son sujet, Il Maestro utilise les éléments sonores et les décors de l'immeuble New Yorkais, pour mieux nous perturber. Déroutant pour une partie des spectateurs, Argento pousse sa capacité narrative au bout de ses possibilités. Les meurtres sont orchestrés avec un sadisme rarement vu: les poignards déchiquètent les corps, une femme se trouve traquée jusqu'à être tuée avec une fenêtre à guillotine, hachoir, l'utilisation des animaux (chats, rats)... Pour la musique, on retrouve l'utilisation d'oeuvres classiques -comme celle tirée du "Nabucco" de Verdi. La musique s'excite même dans la dernière partie lorsque Mark tente de mettre en lumière le secret de l'imposant immeuble. Rendant étouffant sa progression dans les passages étroits des murs.

Pour l'imagerie, on a l'impression de se retrouver dans un conte de fées: la main de la sorcière lors de la découverte d'un ouvrage, élément primordial de l'enquête, avec son chaudron, Rose qui plonge sous l'eau (l'un des plus belle scènes du cinéma fantastique). Le décor de l'hôtel est ouvertement surréaliste. Sur le plan des couleurs, INFERNO semble moins travaillé que "Suspiria", mais ce serait faire fit de nombreux effets trompe-l'oeil. Un décor si particulier que l'angoisse ne nous quitte pas, tant La Mort semble planer sur les protagonistes de ce conte à l'esthétisme poussé à l'extrême.

Ballet macabre unique et GRANDIOSE, INFERNO aligne les scènes chocs les unes sur les autres( égorgements, énucléations...). Montrant que Dario Argento, est autant à l'aise dans le récit policier ("Les Frissons de l'angoisse", "Ténèbres") que dans ses trop rares incursions dans un univers fantasmagorique. Espèrons qu'un de ces jours, le réalisateur transalpin se décide enfin à mettre un terme à sa trilogie des Trois Mères, avec sa Mater Lacrimarum. Annoncée comme la plus cruelle des trois!!
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| dimanche 17 février 2008, a 12:52 |
| LES FRISSONS DE L ANGOISSE |

"Profondo Rosso" est le premier film par lequel Dario Argento commença à se dégager du cadre classique du giallo, pour affirmer un style et une thématique éminemment personnels. Marqué par sa rencontre avec le groupe musical des Goblins (ex-Cherry Five), le cinéaste italien montre qu'il a pris conscience de lui-même, de ses obsessions et du genre qu'il a choisi de cultiver : si "Profondo Rosso" est encore mal maîtrisé dans sa forme, son sujet est par contre pleinement abouti. Dario Argento commence alors, et pour longtemps, à user d'une maestria diabolique envers le spectateur tombé entre ses griffes.
Un meurtre est commis en ombres chinoises sur un air de ritournelle, et un couteau ensanglanté tombe devant les souliers d'un enfant, qui le ramasse. Des années plus tard, lors d'un congrès de parapsychologie, la télépathe allemande Helga Ulman est prise de terreur en captant des pensées noires et hostiles. Le soir même, elle est sauvagement assassinée par un tueur ganté de noir. Son voisin américain et pianiste, Marcus Daly, assiste à la scène tandis qu'il rentre chez lui. Il se précipite sur les lieux, et voit par la fenêtre s'éloigner une silhouette en imperméable…
Dario Argento est un esthète, mais son esthétisme est réfléchi (dans tous les sens du terme), ce n'est pas seulement un goût de la belle et forte couleur. Il s'agit d'un cinéaste, pas d'un concepteur de feux d'artifices. On n'appelle pas un film "Rouge profond" juste parce qu'on aime la couleur du sang (par contre, on traduit "Les frissons de l'angoisse" quand on est un distributeur français, disons… peu réceptif). Le titre original insiste sur le "Profondo" (deuxième syllabe accentuée sur le "fond") parce que la couleur se creuse, passant de la pure surface rouge sang, qui excite ou terrifie, au reflet, où se trouvait la solution : image mémorable de David Hemmings se contemplant dans une mare d'hémoglobine tout en se cachant le visage, manière de signifier une vérité aussi abstraite qu'insupportablement physique : la vérité est bien dans le sang, mais pas de la façon superficielle qu'on croyait.
Tout comme Alfred Hitchcock et Brian de Palma, Argento joue donc avec les matières premières du cinéma (images et sons), leurs possibilités de révéler la vérité. Sans cesse, l'image s'avère trompeuse, menant enquêteurs et spectateurs sur des pistes erronées, ou incomplète, ce qui revient au même. Avec un plaisir pervers qui remet constamment en cause nos facultés de déductions (et donc augmente à loisir notre angoisse), la caméra cadre des miroirs sales ou embués, suggère le danger là où il n'y en a pas et inversement, de la tranquillité là où le danger va surgir (souvent à la perpendiculaire de la victime, c'est-à-dire l'angle mort de son champ de vision, et jaillissant d'un voile ou d'une tenture). De même, il faut explorer les surfaces en les grattant ou en les crevant carrément, mais là encore, toujours pour aboutir à une révélation incomplète. Du coup, quand la caméra devient subjective, la vision prend un caractère terrifiant et sacré, car nous savons que ce que nous voyons est vu par la source même de tous les meurtres, de la vérité.

Il y a pourtant deux grandes différences entre Argento et les deux réalisateurs mentionnés précédemment. Elles sont considérables, et méritent sérieusement d'envisager la supériorité du maître italien. Premièrement, ce jeu sur les images et les sons fait toujours le lien, chez lui, entre l'art et les corps. Helga Ulman meurt au milieu de tableaux et de décors artistiques. Le tueur invisible s'entoure de fétiches artisanaux, et sera retrouvé notamment grâce à un dessin découvert dans les archives d'une école nommée "Léonard de Vinci". Les éléments de l'architecture eux-mêmes peuvent servir d'outils meurtriers, etc. La liste serait longue à faire. Les victimes sont donc en quelque sorte intégrées dans une œuvre d'art lorsqu'elles meurent, après une annonce musicale qui sonne comme une exaltation macabre de l'art de tuer... ou de mourir. C'est là une des forces principales de Dario Argento : le suspens et l'horreur ne sont pas seulement embellis par le travail esthétique : ils sont sur le même plan, nous plongeant dans une transe à la fois nerveuse, viscérale et sublimée.
Deuxième différence, Argento ajoute toujours à ce jeu la dimension du langage, qui est finalement la voie royale pour faire coller le son et l'image ensemble, et résoudre l'énigme. L'ouverture du film se fait ainsi sur une comptine pour enfant, thème qu'on retrouve dans toute son œuvre, et c'est la parole d'une enfant, également, qui va précipiter l'élucidation de l'enquête. La victime ébouillantée (scène qui sera reprise dans "Halloween 2") trace un début de phrase sur les carreaux miroitants de la salle de bain où elle meurt. Le pianiste Marcus Daly aura recours à la lecture au cours de son enquête. Là aussi, il s'agit d'un élément distinctif qui va se retrouver dans tous les films suivants (et d'une façon explicite dans "Ténèbres", qui est le titre d'un roman), "Le sang des innocents" reprenant même quasi intégralement les particularités et des scènes entières de "profondo Rosso", comme si Dario Argento avait tenu à faire une version améliorée de son film, sans le dire.

Car le fait est que "profondo Rosso" n'est pas le meilleur film du maître. C'est peut-être le revers de la médaille, lorsqu'on commence à rentrer en pleine possession de ses moyens. Les meilleures séquences se trouvent dans la seconde partie du film, contenant de véritables morceaux d'angoisse, tandis que la première a du mal à se mettre en place. On ne peut que déplorer, par exemple, le choix désastreux de Macha Méril dans le rôle de la télépathe allemande. Son jeu manque singulièrement de naturel, et pourrait constituer un exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire devant une caméra : jouer comme dans une tragédie grecque à l'ancienne. Sa connexion télépathique avec le meurtrier frôle ainsi le ridicule absolu, et c'est un soulagement profond de la voir disparaître de l'écran d'une façon si brutale… L'ensemble des scènes de meurtres, du reste, n'atteint pas dans "profondo Rosso" le niveau de terreur et de gore que lui octroiera Argento dès son film suivant, "Suspiria".
De même, la musique des Goblins semble mal dégrossie. Elle se divise déjà en deux pans, d'un côté la petite ritournelle enfantine qui renvoie au trauma originel, de l'autre le coup de poing musical qui se résout en nappe diffuse rythmée ou syncopée, et qui correspond à la présence et à l'approche du meurtrier ou tout simplement à l'éventualité de la mort. Cependant, les sons ont encore un aspect brut de décoffrage qui fait sourire, et les inflexions jazz et funk ne sont pas vraiment des trouvailles heureuses, car elles datent terriblement le film. Le fait que Marcus et son ami Carlo soient des pianistes est quant à lui peu et mal exploré: à vrai dire, ils pourraient aussi bien être danseurs ou sculpteurs, cela n'y changerait pas grand-chose.

"profondo Rosso" vaut donc surtout pour son caractère génétique dans l'œuvre de Dario Argento. Tout ce qui va venir par la suite s'y trouve en germes, parfois même dans les plus petits détails (par exemple, l'épingle qui traverse le corps du lézard est du même type que celle qu'on trouvera dans "Suspiria", dans le coffret qui renferme le rasoir, et dans les yeux de Sara - serait-ce un symbole de castration oedipien ? Agités du bulbe lynchien, bonjour...). Le cinéaste y ballade son petit monde par le bout du nez, se permet même quelques touches humoristiques à l'italienne qu'il n'utilisera guère ensuite... Mais pour atteindre les sommets de la terreur et de la violence, il allait falloir attendre encore deux petites années.
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| dimanche 17 février 2008, a 12:49 |
| DEUX YEUX MALEFIQUES |

L'étrange cas du Docteur Valdermar : une jeune femme et son amant, un médecin adepte de l'hypnose, tentent de se débarrasser de son vieux mari, au seuil de la mort. Et le paranormal s'en mêle… Le chat noir : un photographe un peu "spécial" voit sa compagne accueillir un mystérieux chat noir dans leur petit foyer. Une tension nait entre l'animal et l'homme, le drame n'est pas loin…
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| dimanche 17 février 2008, a 12:48 |
| LE CHAT A NEUF QUEUES |

En rentrant chez lui, un aveugle, Franco Arno, accompagné de sa petite nièce, entend la conversation de deux hommes dans une voiture. Peu de temps après, dans le centre de recherche en génétique qui se trouve près de chez lui, un cambriolage a lieu. Puis un des savants trouve la mort en tombant sous un train. Carlo Giordani, journaliste, reçoit la visite de Franco Arno. Celui-ci lui demande d'appeler le photographe qui a pris la photo de la tragédie du train afin qu'il l'examine plus attentivement. Le photographe découvre avec stupeur que le savant a été poussé volontairement. Il se fait étrangler au même moment par le mystérieux tueur. Le journaliste et l'aveugle décident de mener leur propre enquête, une enquête complexe, un chat à neuf queues, avec neuf pistes possibles à examiner… |
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| dimanche 17 février 2008, a 12:42 |
| CARD PLAYER |
La police romaine doit lutter contre un individu qui kidnappe des jeunes femmes, et dont le sort est joué par l'intermédiaire d'une partie de poker. L'inspectrice Anna Marie se voit adjoindre John Brennan, un flic anglais particulièrement bourru et peu diplomate. Les enlèvements se poursuivent rendant la police impuissante qui fait appel pour battre le "Joueur de Cartes" à un jeune homme, particulièrement doué, Remo.
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| dimanche 17 février 2008, a 11:46 |
| BIOGRAPHIE |


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Réalisateur, Acteur, Producteur, Scénariste
Né(e) en 1940
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Dario Argento est le plus innovant des réalisateurs italiens du genre fantastique. Fils de Salvatore Argento, un des grands producteurs de cinéma des années 60 et 70, et d'Elda Luxardo, la célèbre photographe, il commence sa carrière comme critique de cinéma. Puis, avec Bernardo Bertolucci il devient l'assistant scénariste de son maître, Sergio Leone, pour qui il écrit l'histoire d'Il Était Une Fois Dans L'ouest (1968).
En 1970, Argento fait ses débuts de réalisateur avec L'oiseau Au Plumage De Cristal suivi par Le Chat À Neuf Queues (1971), et Quatre Mouches De Velours Gris (1972). Cette trilogie aide à asseoir Dario Argento comme un maître reconnu du genre. En 1975, il retourne à sa vision unique de l'horreur, répandant la terreur avec Les Frissons De L'angoisse, considéré par beaucoup de critiques comme son chef-d'oeuvre.
L'année 1977 voit la sortie de Suspiria, un de ses films les plus appréciés. Puis, il commence à travailler sur le scénario et la post-production du grand classique de George A. Romero, Zombie (1979). Pendant les années 80, Argento continue à s'attaquer au surnaturel avec Inferno (1980), suivi par les sophistiqué et troublant TÉnÈbres (1983), et Phenomena (1985). En 1987 Argento réalise un de ses films les plus choquants, Terreur À L'opÉra, se déroulant à Parme au Teatro Regio.
En 1990, il s'expatrie aux États Unis où il travaille avec George A. Romero sur Deux Yeux MalÉfiques, pour lequel il écrit et met en scène l'épisode The Black Cat. Argento réalise Trauma en 1992, mettant en scène pour la première fois dans le rôle principal, sa jeune fille Asia.
Le Syndrome De Stendhal (1996) annonce son retour de réalisateur en Italie, suivi du FantÔme De L'opÉra (1998), Le Sang Des Innocents (2001) et The Card Player (2004). Dario Argento a aussi écrit le scénario de Metti Una Sera A Cena (1968) de Patroni Griffi. Il a produit deux films mis en scène par Lamberto Bava : DÉmons (1985) et DÉmons Ii (1986), ainsi que La Chiesa (1989) et La Setta (1991) de Michele Soavi, et Le Masque De Cire (1996) de Sergio Stivaletti. Argento a travaillé pour la télévision et réalisé 4 courts métrages pour la série La Porta Sul Buio(1972). |
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| Présentation |  blade62
Je suis fan de cinéma depuis plus de 35 ans.Vu mon pseudo,,je suis aussi fan de l'acteur:Wesley Snipes depuis environ 10 ans.
j'ai ouvert ce blog depuis le 08/02/2008 et j'en suis trés fier...N'hésitez pas sur les commentaires du site ou des articles mis en ligne.Ca fait toujours plaisir et CLIQUER SUR LA PUB EN DESSOUS, pour continuer de faire vivre ce blog...
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| commentaire(s) | 29/02/2008 SST27 (06/08/2009 20:26)Bonjour Blade,
Je s... |
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