| lundi 18 février 2008, a 18:12 |
| LE VOYAGE DE CHIHIRO |

Il n'est pas aisé de parler de la bande originale du film de Miyazaki sans parler du film en lui-même, la musique étant quasiment indissociable des images dès lors que l'on a vu le voyage de Chihiro. Je ferai de mon mieux. Si vous n'êtes pas initié à la culture japonaise, rassurez-vous, je ne suis ni fan de mangas, ni même féru de jpop. Je ne connais la musique japonaise qu'à travers quelques jeux vidéos d'ancienne génération (BOs de Hiroki Kikuta ou Nobuo Uematsu). Pour que ma critique soit honnête, bien que forcément subjective, je dois préciser que ce film m'a transporté, qu'il m'a fait voyager bien au-delà de l'univers que montrent les images, grâce à son pouvoir d'évocation. La musique de Joe Hisaishi n'est sûrement pas étrangère à cet effet : Alors que l'on reproche souvent à la musique japonaise, et à juste titre, d'être trop « sucrée », ici le charme opère malgré tout. Le thème principal est certes un peu trop douceâtre et japonisant, mais l'harmonisation, des cordes notamment, est suffisamment fine pour l'empêcher de sombrer dans un excès de superficialité. La naïveté et l'évidence se mêlent en effet à des harmonies assez complexes (quartes, sixtes) et beaucoup de subtilité. Lorsque l'on serait tenté de critiquer le thème un peu niais et la densité écoeurante des violons, on est retenu par la grande cohérence et la poésie de l'ensemble. Enfin, précisons que sucré ne signifie pas édulcoré. La franchise et la crudité se ressentent autant dans la musique que dans les images, nous rappelant que ce film n'est pas réservé aux enfants (ce que laisserait supposer a priori le graphisme de certains personnages). Passons en revue chacun des titres de cette Bande Originale :
piste 1 : One summer's day - 3'09
Annonce du thème (piano, cordes, vents), des harmonies subtiles qui soutiennent une mélodie hélas un peu trop sirupeuse et grandiloquente. Une introduction dépaysante dans tous les cas, qui immerge dès le début dans cette ambiance si particulière aux films de Miyazaki.
piste 2 : A road to somewhere - 2'07
Une pièce très évocatrice, Beaucoup plus sombre et minimaliste. Des cordes serrées répondent à un piano libre et onirique.
piste 3 : The empty restaurant - 3'15
Au début, c'est une musique d'ambiance posant un climat équivoque. Suit une description intrigante. A la fin, le thème est repris de façon ample et énigmatique.
piste 4 : Night time coming - 2 '00
Commence comme une berceuse plutôt suave, qui devient inquiétante, puis se termine en une chevauchée épique.
piste 5 : The dragon boy - 2'12
Une musique très japonisante, mais d'une solennité qui la rend tout à fait crédible et efficace. Une belle pièce bien dense.
piste 6 : Sootballs - 2'33
D'abord intrigant, mais plutôt léger sans être superficiel, avec cette pointe de dissonances qui enrichit et donne son unité à l'ensemble de la bande originale. Des influences diverses se croisent (l'orchestration est assez occidentale).
piste 7 : Procession of the Spirits - 3'30
Des cordes pizzicato assez légères auxquelles répondent des cuivres sombres. Fin très asiatique.
piste 8 : Yubaba - 3'30
C'est le thème de la sorcière, solennel et descriptif. Suit un passage beaucoup plus intrigant et minimal au célesta et aux cordes pizzicato. La troisième partie est très typée, et plus sucrée du tout.
piste 9 : Bathhouse morning - 2'20
Un morceau effectivement très ‘matinal'. Presque trop occidental pour le film… On est pourtant envahi par la douceur des nappes instrumentales qui se répondent. Puis revient le thème des boules de suie (sootballs)
piste 10 : Day of the river - 3'13
Reprise du thème de manière assez suave. Joli mais pas exceptionnel. Un peu trop mielleux là encore, hélas.
piste 11 : It's hard work - 2'26
Une déception peut-être : très japonisant, mais pas très intéressant, ce morceau dénote avec le reste de la bande originale. Ce titre trop léger manque d'intensité dramatique
piste 12 : The stink spirit - 4'01
Etrange… mais la musique est trop descriptive pour se suffire à elle-même. Elle ne trompe pas sur ses origines. A la fin, la musique prend de l'ampleur, mais cette intensité s'éteint avant même d'avoir pu s'épanouir.
piste 13 : Sen's courage - 2'45
Un titre mystérieux qui souligne l'action, mais offre assez peu d'intérêt indépendamment de l'image.
piste 14 : The bottomless pit - 1'18
Un titre d'aventure. La seconde partie, plus mystérieuse, est assez intéressante bien que restant très descriptive.
piste 15 : Kaonashi (no face) - (3'47
Rythmé et descriptif, encore. Mais plus dissonant.
piste 16 : The Sixth Station - 3'38
On retrouve une ambiance aérienne, mais plutôt sombre. Le piano initial reprend sa place. Le thème revient sous forme de réminiscences assez subtiles et dissonantes. Un titre délicat, donc, qui ne souffre pas de l'évidence que l'on peut reprocher à d'autres morceaux.
piste 17 : Yubaba's panic - 1'38
Titre d'aventure, pas très intéressant indépendamment du film. Reprise du thème de Yubaba.
piste 18 : The house at Swamp Bottom - 1'29
Arrivée d'un nouveau thème, d'une nouvelle ambiance musicale. C'est assez agréable. Un rêve cotonneux.
piste 19 : Reprise - 4'53
Un thème assez classique, japonais uniquement par le côté gentil et sucré, hélas… Un de ces grands thèmes épiques, qui à force de trop chercher l'efficacité, sont près de manquer leur objectif. Tout cela étant dit, lorsqu'on regarde le film, on ne peut être que directement touché par cette musique si expressive.
piste 20 : The Return - 3'20
Commence comme un thème victorieux, mais termine avec la reprise du thème principal.
piste 21 : Always with me - 3'35
Le générique : comme beaucoup de génériques, il ne ressemble pas à la musique du reste du film. C'est en réalité une chanson, assez étrange au début, semble un peu simpliste, et la langue japonaise sonne étrangement aux oreilles occidentales non accoutumées… Finalement, c'est une jolie chanson, qui clôt le film comme il se doit. J'ai mis plusieurs minutes (heures ?) à sortir de ma torpeur après la fin du film. La vie me semblait tellement pleine de poésie.
En ce qui concerne les techniques de composition, elles sont assez classiques : Joe Hisaishi utilise des thèmes propres à chaque personnage, comme presque tous les compositeurs de musique de film désormais. L'orchestration réunit des instruments japonais et occidentaux, et l'harmonisation s'inspire des règles occidentales, s'enrichissant toutefois des spécificités de la musique japonaise. Au final, une bande originale pas exceptionnelle, mais qui colle parfaitement aux images d'un film poétique, et participe à une ambiance très particulière : on adore ou on déteste. Il semblerait que Miyazaki ait trouvé, à l'instar de nombreux réalisateurs, son alter ego musicien, en la personne de Joe Hisaishi. Aussi, je mettrais 3 ou 3,5, pour la musique en elle-même, mais ma sensibilité lui accorde la note de 4,5 car cette Bande Originale sert merveilleusement un film très touchant. |
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| lundi 18 février 2008, a 18:11 |
| PREDATOR |

« Predator » est tout d'abord considéré comme un film culte pour beaucoup. Une mise en scène d'exception, une B.O des plus jouissive, un Arnold en grande forme (même si durant le tournage il a été malade), une ambiance hors du commun, vraiment stressante (Alan Silvestri y contribue beaucoup), font de ce film d'action un très grand film qui restera dans les mémoires pendant un long moment. Pour son deuxième film (il avait réalisé « Nomads » deux ans plus tôt, qui est passé inaperçu) le metteur en scène John McTiernan a fait un coup de génie. Il faut quand même dire que « Predator » n'est pas seulement un simple film d'action car on y retrouve différents genres comme la science-fiction, le suspense, et une pointe d'horreur. Pour en revenir à Alan Silvestri il faut savoir qu'à l'époque où il a composé la B.O de « Predator », il avait également fait celle de « Retour vers le futur » (qui n'a jamais entendu le thème de ce film culte) deux ans plus tôt. Autant dire que l'homme avait déjà prouvé de quoi il était capable et « Predator » ne fera que confirmer son talent en allant encore plus loin. Il ne s'est pas arrêté là, car il compte aujourd'hui plus d'une centaine de compositions avec entre autre « Abyss », « Qui veut la peau de Roger Rabbit », « A la poursuite du diamant vert » et bien d'autres. Le compositeur eut recourt à une technique musicale rarement entendue pour l'époque. De plus, il parvint à créer trois grandes parties, à savoir l'arrivée dans la jungle, le combat, et l'affrontement final. Ce qui nous donne au final une B.O avec de nombreux thèmes, ce qui reste extrêmement rare et mérite d'être signalé. Ce qui confirme que Alan Silvestri s'est vraiment investi dans sa composition. L'ouverture commence sur un grand thème guerrier vraiment maîtrisé de par l'homogénéité de la musique et des effets sonores. D'autre part ce thème arrive à introduire les personnages dans cette jungle fertile de très belle manière. Ensuite tout devient plus subtil en utilisant des échos, des cuivres… L'ambiance est posée. Les scènes d'action sont vraiment intenses, avec un orchestre vraiment déchaîné, entre les cuivres qui grimpent en puissance, le rythme qui s'envole… on reste sur place. On retrouve tout de même, grâce à la piste 10 intitulée "He's My Friend", un des rares passages émouvants du film, mais cela n'empêche pas Alan Silvestri de nous servir une très belle composition ressemblant à ce qui est utilisé dans les cérémonies militaires funèbres. Le compositeur utilise pas moins d'une dizaine d'échantillons qui lui permettront de structurer le tout. Son travail est tellement maîtrisé que l'on retrouve une osmose parfaite entre l'image et le son, à se demander s'il n'est pas le réalisateur du film. A présent je vous laisse le plaisir de savoir en profondeur ce que donne cette B.O
piste 1 : Twentieth Century Fox Fanfare - 0'27
Nous retrouvons le thème musical de la Century Fox comme son nom l'indique, mais à la différence près qu'elle ne se termine pas comme d'habitude. En effet le final de cette fanfare nous immerge dans l'ambiance que nous allons découvrir durant tout le score de « Predator ». Cette introduction a en fait été arrangée par Elliot Goldenthal pour "Alien 3".
piste 2 : Main Title - 3'51
Nous voici en présence du thème qui domine cette composition. Il commence par un son assez sourd en fond, qui sera ensuite perturbé par une explosion qui se fait entendre au moment où l'on peut voir apparaître le titre du film à l'écran. Le compositeur joue sur une ambiance mystérieuse qui sera très vite plus imposante, en laissant place au célèbre thème du film qui mise sur un rythme plutôt guerrier. Ce thème est vraiment très bien mené car il arrive dès le début à évoquer ce qui reviendra fréquemment dans les autres pistes, à savoir le mystère et le suspense.
piste 3 : Something Else - 3'34
Le morceau s'ouvre avec un son évoquant des percussions exotiques. Ce rythme est assez proche de ce que l'on pourrait entendre lors d'un rituel (indien ou autre). Ces tambours donnent à la musique une connotation inquiétante et nous font prendre conscience du coté hostile de la jungle, un environnement dangereux et surtout inconnu. Ensuite apparait le thème du commando mais avec une alternance différente. Cette composition est relativement unique, chargée de suspense et de tension, elle renvoie l'homme à l'état de nature. Il est cette fois dans un lieu qui le dépasse et c'est vraiment cette impression que "Something Else" nous laisse.
piste 4 : Cut'Em Down - 1'56
Nous voici en présence d'une composition vraiment très réussie (comme toutes les autres mais d'une manière plus directe), certes courte mais intense. Ce morceau nous plonge dans l'horreur, donc la peur. En effet le morceau s'emballe pour arriver ensuite à se calmer brutalement en laissant une impression des plus réussie. Ce morceau possède un côté extrêmement mystérieux et inquiétant à la fois.
piste 5 : Payback Time - 2'09
Cette piste alterne entre un rythme énergétique et brutal. C'est donc dans cette optique que nous retrouvons le thème du commando sous cette forme plus brutale.
piste 6 : The Truck - 4'22
Ce morceau confirme la sensation que le précédent nous avait fait ressentir. Silvestri utilise à travers son morceau des instruments brefs, qui donnent vraiment du punch.
piste 7 : Jungle Trek - 1'47
Cette piste fait partie d'un des meilleurs morceaux d'action de ce score. Sans être original car il reprend le thème principal avec cette fois-ci plus de puissance où l'on retrouvera des tambours qui suivront la marche du commando de manière énergique. Cette composition est relativement courte mais très intense, sans aucun temps mort.
piste 8 : The Girl - 6'00
Le compositeur commence par mettre la pression, avec une montée du rythme qui sera soutenue par des cordes. Ensuite tout se calme et on revient à une atmosphère très angoissante (une impression macabre s'en dégage). On finit sur un ton relativement similaire qui arrive à nous plonger totalement dans cette jungle pleine de surprises.
piste 9 : Blaine's Death - 2'47
A peine avons-nous eu le temps de souffler que nous voilà repartis de plus belle dans un rythme des plus jouissifs, une fois de plus très percutant. Mais c'est plus tard que le morceau dégagera quelque chose de très bon, à la fois inquiétant et beau, on se laisse transporter sans aucune retenue. Un morceau vraiment varié et maîtrisé d'une main de maître (comme la plupart des autres compositions).
piste 10 : He's my Friend - 1'26
Tiens, un peu de dépaysement et ça ne fait pas de mal après tout. En effet ce morceau change radicalement d'ambiance et est l'un des rares passages d'émotion de cette composition. Il est très beau et grâce à l'utilisation d'une trompette on se rapproche d'un thème utilisé pour les cérémonies militaires funèbres. Un morceau vraiment remarquable et émouvant.
piste 11 : We're All Gonna Die - 3'32
Après un passage rempli d'émotion nous revoilà partis dans toute la noirceur de ce score. Ce morceau est composé de deux parties (et croyez-moi vous ferez vite la distinction entre les deux), il débute sur une ambiance mystérieuse assez calme pour rentrer dans la deuxième partie d'un seul coup de manière déstabilisante. En effet on retrouve toute la violence de Silvestri qui à chaque fois arrive à nous mettre dans une certaine tension qui reste difficilement descriptible.
piste 12 : Building A Trap - 3'02
Très bon morceau que ce "Building A Trap". Il reprend le thème sur une marche militaire vraiment appuyée. On peut ressentir toute la détermination des personnages à travers ce morceau qui nous transporte à travers une détermination sans fin.
piste 13 : The Waiting - 3'27
Nous arrivons à un moment du film des plus tendu, il est donc normal d'être en présence d'une composition ayant un suspense prononcé. Mais là où le thème est intéressant c'est que l'on ressent cette fois-ci réellement le danger, dans la deuxième partie de ce morceau. On sent bien que l'on est en présence du « Predator » et les dernières secondes nous le confirment.
piste 14 : The Hunt Is On - 4'51
Cette fois-ci il n'est plus question de jouer et ce morceau nous le fait comprendre, la chasse est ouverte et pour de bon. Cette composition commence de manière brutale et l'on retrouve avec extase le danger ressenti auparavant. Pour confirmer cela, on retrouve à 2 minutes 21 secondes un bruit strident à vous glacer le sang et à prendre vraiment conscience du danger qui vous entoure (je peux vous dire que les secondes qui suivent vont être éprouvantes). La fin nous dévoile une ambiance furtive et discrète, qui nous fera vite comprendre qu'un gibier restera du gibier.
piste 15 : Dillon Is Disarmed - 2'07
Dès le début ce morceau instaure un climat de panique, qui se transformera rapidement en un climat vraiment terrifiant, tout en nous dévoilant un « Predator » vraiment impressionnant. C'est vraiment terrifiant et cela nous fait comprendre ô combien l'on est impuissant fasse à un tel être. Mais c'est avec la prochaine piste que la terreur va être poussée à son paroxysme.
piste 16 : Billy Stands Alone - 2'34
La terreur du morceau précédent est cette fois-ci amplifiée avec "Billy Stands Alone" et je vous garanti que l'effet est vraiment réussi. Le morceau débute avec des cuivres funèbres qui arrivent à nous faire ressentir une sensation des plus désagréables. Cette piste est vraiment un des passages les plus terrifiants de toute la b.o. On peut vraiment ressentir encore une fois la domination du « Predator » sur son sujet face à sa toute puissance. La deuxième partie du morceau est un des passages les plus violent. On retrouve de puissants rythmes vraiment percutants, on sent que Silvestri veut tout donner et on comprend pourquoi en regardant le film ensuite.
piste 17 : Battle Plans - 9'24
Nous voilà en présence du plus long morceau de cette b.o. Pour faire simple ce morceau reprend les principaux thèmes évoqués précédemment (danger, thème principal…) sous une forme légèrement différente. Il reste tout de même très bon et orchestré de belle manière.
piste 18 : Wounded Predator - 4'14
Nous permet de réécouter le motif de "We're All Gonna Die" de manière différente. Au final ce morceau se révèle assez bon mais pas très intéressant.
piste 19 : Hand To Hand Combat - 3'12
Un peu comme à l'image de Dutch (héros du film), nous voilà en présence du « Predator » (mais cette fois-ci juste devant nous) et celui-ci enlèvera son équipement afin de combattre à mains nues. On peut le ressentir d'une manière très franche, Silvestri insiste bien sur des pics de puissance à travers sa composition, tout en y introduisant un sample de 3 notes.
piste 20 : Predator's Big Finish - 3'42
Pour faire simple cette plage reprend le thème du danger avec un rythme plus puissant qui insiste sur la violence que Dutch va subir face au « Predator ». On retrouvera tout de même une dernière fois le thème du danger dans une forme plus speed avec les cordes du début de "Dillon Is Disarmed".
piste 21 : The Rescue and End Credits - 4'44
Nous avons droit à une variante du thème inédit et qui ne se trouve pas dans le film. Ensuite apparaît le thème à la trompette de "He's My Friend". La fin du morceau conclut cette B.O comme elle a commencé. En effet le thème principal sera utilisé une ultime fois sous la forme du "Main Title" pour le générique de fin.
Cette B.O est donc un modèle du genre et l'on peut dire qu'Alan Silvestri a maîtrisé son sujet car il va jusqu'à transcender l'image pour nous transporter dans une jungle au climat ténébreux qui évoque le danger, la chasse, le mystère, la peur, tout ce que McTiernan a voulu retranscrire. Je dirai même qu'Alan silvestri va plus loin que les images. Je veux dire par là que McTiernan avait besoin d'une musique forte pour pouvoir donner le blason qu'a « Predator » aujourd'hui, mais la différence vient du fait que Alan Silvestri créa une composition d'une puissance telle qu'elle vous fera frissonner sans même regarder le film. Elle plaira donc tant aux personnes aimant la musique purement orchestrale (je précise que Silvestri est un fervent défenseur de ce genre de musique) qu'aux amateurs d'ambiance et d'atmosphère stressante. |
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| lundi 18 février 2008, a 18:09 |
| PLANETE TERREUR |

Pour parfaire le chef d'oeuvre réalisé par Robert Rodriguez, "Planete Terreur", il fallait une musique qui colle aux images. C'est donc Rodriguez lui-même qui a composé la BO de son film, aidé par des compositeurs tels Carl Thiel ou Graeme Revell. Quelques chansons viennent accompagner les pistes uniquement musicales, et on se surprend à découvrir la très jolie et sexy voix de Rose McGowan elle-même sur trois titres. Le groupe Nouvelle Vague interprète également un titre, tout comme le groupe Chingon. La BO alterne passage "émotions" (avec une musique ou des chansons douces, calmes, reposantes) avec des mélodies "énervées et énergiques" qui sonnent très rock (riffs de guitare électrique bien senti et efficace !). Certains titres sont joués au synthétiseur et rappelle les sonorités des BOs composées par John Carpenter, ce qui est, à mon avis, totalement voulu par Rodriguez ! Les notes de saxophones sur certaines compositions parviennent également à créer une ambiance et on ne peut s'empêcher de secouer la tête ou de taper du pied en les entendant. Quand musique et images s'accordent parfaitement, le film ne peut qu'être tiré vers le haut, et cette alchimie, on la retrouve totalement dans "Planete Terreur" !
piste 1 : Grindhouse (Main Title) - 3'30
Un Main Title de fou, où l'on retrouve le thème principal du film, et où Rodriguez mixe différents instruments dans une parfaite alchimie : batterie, guitare, saxo, synthé... Variant également l'ambiance, il prépare dans la première partie le déchaînement de la guitare électrique qui se lance à 2:24 minutes dans un solo aigüe dévastateur, qui marque d'entrée de jeu notre esprit ! Une entrée en matière 4 étoiles !
piste 2 : Doc Block - 2'03
Cette piste, qui nous présente le personnage du Docteur Block se veut étrange et assez macabre, avec notes de synthé et de piano lugubre à souhait. Une ambiance qui correspond parfaitement avec le personnage de ce médecin dément !
piste 3 : The Sickos - 1'39
Les Sickos, c'est ainsi que sont nommés les affreux zombies infectés du film. Synthétiseur et ambiance très "guerrière" (sorte de "marche militaire dans certains passages de la mélodie) pour ce titre.
piste 4 : You Belong to Me - 2'15
Changement total d'ambiance avec cette première chanson interprétée par Rose McGowan. Une jolie balade romantique et triste, où la voix de l'actrice fait des merveilles.
piste 5 : Go Go Not Cry Cry - 1'09
Reprise du thème principal joué un peu différemment mais toujours aussi bon à écouter ! Ah ce petit solo de guitare, simple mais si efficace !
piste 6 : Hospital Epidemic - 1'16
Retour du synthé avec des voix robotisés pour ce titre aux sonorités bizzaroïdes. Pas très fan de celui-ci.
piste 7 : Useless Talent #32 - 3'11
Seconde chanson interprétée par Rose McGowan. Plus enjouée et rythmée que la première, Rose pose sa voix (fredonne serait plus juste) sur une balade mid-tempo aux sonorités rock, où guitare et synthé s'accompagnent et se répondent. Assez sympa !
piste 8 : His Prescription... Pain - 0'55
Synthétiseur pour ce titre très court qui fait penser au thème d'Halloween et de Christine de John Carpenter.
piste 9 : Cherry Darling - 1'01
Titre mélancolique pour le thème consacré à l'héroïne du film. On sent bien toute la tristesse et la détresse du personnage.
piste 10 : The Grindhouse Blues - 3'01
Comme l'indique le titre de cette piste, il s'agit donc d'un blues bien sympa avec guitare et saxo, le genre de titre qu'on écoute dans sa voiture lors de long trajet. Dépaysant et vraiment "cool". Un peu à la manière de Dire Straits par certaines sonorités de guitare. Parfait pour créer une ambiance dans un bar, où la fumée des cigarettes se répandraient dans toute la pièce...
piste 11 : El Wray - 1'18
Le titre consacré cette fois au héros du film, El Wray, le Roméo de Rose McGowan. Ben pas grand chose à dire en fait sur ce titre, il reste quelqueconque, pas désagréable mais on ne ressent pas la fougue du personnage.
piste 12 : Police Station Assault - 1'33
Les sonorités commencent à s'énerver un peu puisque les infectés prennent d'assaut le commissarait du shérif ! Un peu court par contre pour un titre censé représenter une séquence d'action.
piste 13 : Dakota - 2'27
La musique qui correspond au passage où Dakota veut rejoindre la maison de son père. Les images nous font penser à du Fulci, la musique également. Excellente ambiance macabre, très "films de zombies fulcien". J'adore !
piste 14 : Zero to Fifty in Four - 1'35
Du synthé à la Carpenter pour ce titre, qui évolue à la moitié du morceau pour mieux y revenir.
piste 15 : Fury Road - 2'03
Retour du thème principal avec des sonorités plus martiales, logique, c'est la guerre ! Mais en fait, le titre s'économise et n'envoie pas la grosse cavalerie qu'on attend.
piste 16 : Helicopter Sicko Chopper - 1'22
Tiens, ambiance western pour cette piste avec irruption de l'harmonica. Du moins c'est l'effet que ça nous donne au début parce que d'un coup, le synthé vient faire sa loi et nous balance des sons façon musique techno ! Trop zarbe !!
piste 17 : The Ring in the Jacket - 1'34
Retour du thème de Cherry Darling au piano.
piste 18 : Killer Legs - 2'14
Ambiance western à nouveau avec guitare hispanique puis montée en puissance avec solo de guitare électrique pour ce titre qui symbolise Rose McGowan et sa jambe mitrailleuse !
piste 19 : Melting Member - 1'51
Morceau assez rythmé au synthé.
piste 20 : Too Drunk To Fuck - 2'12
La chanson du groupe "Nouvelle Vague", qui sonne très jazzy ! Ce qui est censuré dans le titre de la chanson ne l'est plus dans les paroles chantées ! Mais bon, vous avez tous compris de quel mot il s'agit...
piste 21 : Cherry - 3'26
La danse de la mort de Cherry ! Un titre qui veut tout dire ! Interprété par Chingon sur la musique de Robert Rodriguez. Un melting pot de ce qu'on a entendu, brassant les thèmes, les instruments, les ambiances, même si le morceau laisse la part belle aux sonorités du thème principal. Tant mieux, cette mélodie est géniale !
piste 22 : Two against The World - 2'08
Guitare sèche et voix de Rose McGowan pour ce dernier titre qui évoque Cherry Darling et son bébé rapatriant les survivants dans le désert, les dernières images du film. Un titre tout en douceur.
La BO de "Planete Terreur" peut s'écouter en boucle, et nous replonge avec délices dans les images du film, qui nous reviennent très simplement à l'esprit à l'écoute des différents titres qui la compose. N'hésitez pas, foncez vous procurer ce disque, vous ne le regretterez pas si vous êtes, comme moi, devenu amoureux du film, vrai petit bijou des années 2000 ! Au final, on a 43:53 minutes de musique de film qui ne resteront pas parmi les plus grandes compositions, c'est sur, mais 43:53 minutes qui nous font revivre le film rien qu'en fermant les yeux, c'est déjà bien non ? |
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| lundi 18 février 2008, a 18:06 |
| LES NOCES FUNEBRES DE TIM BURTON |

On se souvient avec émotion de "L'étrange Noël de Monsieur Jack". "Les noces funèbres" est le second film d'animation image par image produit par Tim Burton, mais réalisé cette fois en partenariat avec Mike Johnson. Comme à son habitude, Tim Burton a fait appel à Danny Elfman pour la musique. La bande originale de "Charlie et la chocolaterie" (Tim Burton, 2005), remarquée pour son exubérance déjantée et foisonnante, nous laissait augurer du meilleur pour cette nouvelle création. La bande originale de "Corpse Bride" est-elle à la hauteur ? C'est ce que nous allons voir en la décortiquant séquence par séquence (version originale).
piste 1 : Main title - 2'06
Cette séquence peut être décomposée en deux parties : L'annonce du thème principal, d'abord au piano et au celesta accompagnés de cordes, vents et d'un cor d'harmonie, puis repris par le chœur : c'est du Elfman bien classique. On découvre un héros dont le romantisme apparent est largement souligné par la musique. Puis la caméra s'éloigne du personnage se promène dans le village, on entend le tic-tac d'une horloge, la musique est synchronisée à l'image. Apparaissent des instruments qui donneront son caractère particulier au film : l'orgue et le clavecin. Ces instruments situent l'histoire dans un contexte spatiotemporel plutôt indéfini, mais qui semble en tout cas assez éloigné.
piste 2 : According to plan - 3'45
Une chanson… Comme dans L'ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK, avec des personnages qui se répondent en chantant ou en scandant des paroles et parfois même en esquissant quelques pas de danse. On aime ou on n'aime pas. Dans tous les cas le film ferait nettement plus adulte sans ces chansons à la Walt Disney (ce film est-il fait pour « faire adulte » ? c'est un autre débat). Celle-ci en particulier est un peu agaçante. Je préfère ne pas imaginer ce que donne la traduction en français. Le clavecin, l'orgue, et l'orchestre accompagnent les personnages.
piste 3 : Victor's piano solo - 1'18
L'univers sonore de Jack, pardon… Victor, s'affirme. On découvre le personnage à travers la mélodie du thème qu'il reprend de façon très romantique, seul au piano après avoir égrainé quelques notes qui posent un climat mystérieux. La timidité première de son jeu laisse place à un début d'envolée à la Rachmaninov. C'est dans ce genre de pièces que l'on voit à quel point l'univers de Burton et celui de Danny Elfman sont indissociables. L'image et la musique se renforcent l'une l'autre dans une harmonie à la fois sombre et féerique. Le piano a une place très importante dans le film. Un seul regret, mineur, concernant cette pièce charmante : les mains de Victor ne jouent pas vraiment sur le piano la musique que l'on entend… (il joue un accord de do mineur alors qu'on entend do majeur ;) )
piste 4 : Into the forest - 4'45
Reprise du thème un peu modifié, des sections de cuivres surgissent. Le thème devient de plus en plus sombre et mystérieux au fur et à mesure que Victor s'enfonce dans la forêt. Le piano fait quelques apparitions. La musique colle parfaitement à l'image et aux émotions de Victor, qui est tour à tour effrayé, romantique, enthousiaste (retour du clavecin), et enfin paniqué. L'orchestre est alors accompagné de l'orgue et du chœur. C'est assez classique mais bien maîtrisé.
piste 5 : Remains of the days - 3'26
Victor est passé du côté des morts. Tout de suite l'univers musical tranche avec la première partie du film : Il est annoncé par des percussions : on entend comme des bruits d'ossements. Ce sont des squelettes qui chantent et qui dansent. Puis arrivée des autres instruments (jazz band, avec piano de bar). Ambiance Jazzy, très gaie, qui rappelle pas mal l'univers d'Oogie Boogie dans "L'étrange Noël...", avec la guitare, les percussions et le xylophone en plus. C'est très bigarré. On distingue des petits clins d'œil par ci par là (à la musique de zorro par exemple…‘and then ? and then ?'). Le squelette qui chante termine sa prestation avec du slam…
piste 6 : Casting a spell - 1'25
Assez sombre : un clavecin, des tremolos de cordes qui suggèrent un certain malaise.
piste 7 : Moon dance - 1'28
On retrouve un univers sonore ouvert, c'est réellement une bouffée d'air frais et nocturne. Avec un chœur, un celesta, des cordes pizzicati. Passages très romantiques. Reprise du thème, de manière assez douce. Une piste assez courte, mais très agréable.
piste 8 : Victor's deception - 4'00
Assez descriptif et par conséquent on passe très vite d'une ambiance à une autre. A la fin de la piste, on découvre l'univers intime d'Emily annoncé par un nouveau thème au piano, qui sera repris dans la suite du film et toujours associé au personnage d'Emily.
piste 9 : Tears to shed - 2'45
Une nouvelle chanson en trio, très proche de celles qu'on pouvait trouver dans "L'étrange Noël...", annoncée un peu grossièrement, et un peu agaçante, on aurait peut-être pu s'en passer. Ensuite Emily chante le thème de son personnage. C'est joli mais pas exceptionnel, encore moins original : ça rappelle beaucoup trop la chanson de Sally dans l'Etrange Noël…
piste 10 : Victoria's escape - 2'31
On retrouve le clavecin et l'orgue apparemment liés aux personnages du village. Une musique assez descriptive, qui accompagne bien l'action. Ce n'est pas le genre de musique captivante à écouter indépendamment du film.
piste 11 : The piano duet - 1'53
Une pièce charmante. Emily joue son thème, seule au piano, terriblement mélancolique. Puis Victor entre en scène timidement et s'installe au piano à côté d'elle, il improvise quelques notes, puis commence à jouer son propre thème. Les deux parties de piano se répondent. Puis commence véritablement le duo : Les deux personnages se réconcilient peu à peu en reprenant ensemble le thème de Victor. C'est très frais et charmant. A la fin Emily laisse échapper sa main dans une envolée jazzy qui nous rappelle que l'on est bien dans l'univers décalé de Burton.
piste 12 : New arrival - 0'42
De nouveau dans le bar des morts vivants. On sent que Danny Elfman s'amuse avec les percussions et le piano jazzy.
piste 13 : Victoria's wedding - 3'15
Reprise du thème, mélancolique. C'est assez triste, descriptif. Puis le thème revient dans toute sa fraîcheur.
piste 14 : The wedding song - 3'01
Une chanson… Les préparatifs. Tout le village des morts est sur le front. Ici encore on se souvient trop des chansons de "L'étrange Noël...". Surtout les premières mesures. Pourtant très vite l'orchestration change un peu de ce à quoi Danny Elfman nous avait habitué : une autre façon d'utiliser des chœurs de femmes et d'hommes, qui accueillent la mariée. C'est un thème joyeux et presque bucolique ! Les morts sont décidément bien plus enthousiastes et doués de bien plus de sentiments que les vivants. Vraisemblablement ce morceau est directement inspiré de la bande originale du "Magicien d'Oz" (Victor Fleming), on a droit toutefois à un petit clin d'œil à la "Marche Nuptiale" de Wagner. C'est une bonne chanson cette fois, qui fait parfois plus que frôler la mièvrerie, mais c'est voulu, et le décalage entre la musique et l'image est assez savoureux. On se laisse embarquer, et on en redemande.
piste 15 : The party arrives - 3'21
Le climat change brutalement. Une musique qui n'a rien à voir avec ce que le titre laisserait supposer. Très sombre. D'abord on rencontre l'univers musical « d'en haut », symphonique et sombre, puis l'univers « d'en bas » fait son apparition, jazzy et enjoué. Les deux mondes se rencontrent et se répondent. On avait le même jeu dans l'Etrange Noël. Ce n'est pas une musique vraiment marquante, mais qui prouve que Danny Elfman fait bien partie de la cour des grands : il est à l'aise pour enchevêtrer deux styles de musique quasiment opposés.
piste 16 : Victor's wedding - 2'09
Assez mélancolique et descriptif. C'est un parallèle direct avec la piste 13, "Victoria's wedding".
piste 17 : Barkis's bummer - 2'07
Sombre et descriptif.
piste 18 : The finale - 2'35
Très doux, pour un final. Cordes, chœur. Reprise finale du thème de façon très suave. On se rappelle que l'on est dans un conte de fées.
piste 19 : End credits I - 1'50
Reprise du thème un peu transformé.
piste 20 : End credits II - 2'33
Reprise du boogie de l'au-delà. Y aurait-il un petit clin d'œil à "Sweet Dreams", d'Eurythmics ?
piste 21 : Bonus : "Ball 1 socket lounge music" -
Danny Elfman nous a gratifié de non pas deux, ni trois, mais bien quatre (!) versions supplémentaires de la musique de l'au-delà. Peut-être se sentait-il un peu frustré après une longue partition symphonique ? Peut-être avait-il du mal à choisir les arrangements définitifs ? En tout cas il a dû s'en donner à cœur joie.
Tout le long du film il y a des petits segments musicaux. En fait il y a de la musique en permanence. C'est donc une très longue partition par rapport à la durée du film. On peut reprocher à cette bande originale son peu d'originalité par rapport à celle de "L'étrange Noël de Monsieur Jack". Danny Elfman a réutilisé les mêmes recettes sans aucun scrupule. Cependant ces recettes fonctionnent, d'autant plus qu'il a su les adapter à un film encore plus axé sur le romantisme de ses personnages. Les influences sont extrêmement variées, la musique empruntant autant à Rachmaninov ou Moussorgski qu'à un registre beaucoup plus jazz. D'autre part c'est bien au Danny Elfman compositeur de musique pour contes et comédies musicales auquel on a affaire, qui n'est pas tout à fait celui de "Big Fish" ou "Hulk". Heureusement, un mélange de poésie et de dérision permet à ce film de ne pas sombrer dans la mièvrerie. Ne dénigrons pas en tout cas le travail phénoménal qui a dû être nécessaire pour réaliser un film qui sans être très original, constitue un objet très cohérent, simplement beau, où le texte, l'image et la bande sonore sont coordonnés avec art et maîtrise. "Corpse Bride" est donc un film très bien réalisé sur tous les plans, mais qui risque d'être rapidement oublié de par son manque d'originalité… La BO suivra vraisemblablement le destin du film, comme c'est si souvent le cas. Mais ne doutons pas que la fraîcheur de ce petit film sera bientôt redécouverte avec plaisir par les fans de Tim Burton et de Elfman…et les autres ! Il est difficile de mettre une note définitive, mais puisqu'il le faut, je mettrai 5 sur 6, pour la trop forte ressemblance avec L'ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK. Qui aime bien châtie bien, dit-on… |
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| lundi 18 février 2008, a 18:04 |
| MASSACRE A LA TRONCONNEUSE 1974 |

L'un des éléments essentiels qui font de "Massacre a la Tronconneuse" un total chef d'oeuvre du film d'angoisse, c'est sa partition musicale. Composée par Tobe Hooper et Wayne Bell, la musique du film, si on peut l'appeler ainsi, pourra en rebuter certains, car elle est loin d'être accessible par tous. En effet, on peut parler de musique expérimentale concernant cette BO. Quasiment pas de mélodie, mais des bruits, des sons, des sonorités qui s'entrechoquent pour créer ce que certains appeleront une cacophonie sonore. Pourtant, derrière cette apparente musique "bruitiste" se cache un travail fort élaboré de la part des deux compositeurs, qui sont parvenus à créer une partition originale, hors-norme, et qui renforce totalement le côté glauque et malsain des images. Il n'existe pas de disque officiel de cette BO. Il faut donc se rabattre sur le Cd Bootleg, qui propose en fait les moments du film où on entend de la musique. D'ou la présence d'effets pendant la lecture des pistes, comme le bruit du moteur de la camionnette par exemple. C'est toutefois mieux que rien et ce bootleg ravira les amateurs d'étrangetés sonores et, bien sur, les fans du film de Tobe Hooper !
piste 1 : piste 1 - 3'23
Cette première piste correspond au début du film, quand on voit les flashs de l'appareil photo et les parties du cadavre qu'on photographie. Le bulletin radio nous expliquant que des profanations de cimetière ont lieu est également présent. Le début de cette musique nous plonge rapidement dans une ambiance étrange, macabre. Des sons aux effets particuliers se mélangent, accompagnant le bien connu effet sonore cencé représenter le flash de l'appareil photo. Le calme relative du début de la piste est tranché d'un coup par la montée en puissance de la musique qui nous fait entrer dans une sorte d'univers sonore apocalyptique du plus bel effet ! Ca vibre, ca tape, c'est une expérience à part !
piste 2 : piste 2 - 0'17
Une très courte piste de 17 secondes, baignant toujours dans un climat angoissant.
piste 3 : piste 3 - 0'19
Encore une piste de durée réduite, qui correspond aux images des vaches attendant dans l'abattoir. Des sonorités très aigües sont présentent, où les mugissements des vaches se superposent.
piste 4 : piste 4 - 2'00
Un début de piste qui semble provenir d'outre-tombe par l'ambiance qu'elle propose. Cette piste évolue et change assez souvent de direction, et de façon parfois abrupte, ce qui est sûrement du aux coupures et aux raccordements effectués par le créateur de ce bootleg, qui a du passer du temps à enlever ce qui n'était pas de la musique pour obtenir cette piste de 2 minutes.
piste 5 : piste 5 - 2'35
Ah, une piste que j'adore !!! Elle correspond au moment où Pam se rend dans la maison de Leatherface et chute dans la pièce jonchée de débris humains. On entend même les cris de la poule enfermée dans une petite cage. La musique, toujours très expérimentale, fait encore monter d'un cran l'ambiance glauque et en devient réellement cauchemardesque. Excellent tout simplement !
piste 6 : piste 6 - 2'10
Retour à un calme apparent avec la piste 6, qui contient néanmoins quelques passages assez stressants, notamment vers la fin, qui correspond au passage ou Jerry découvre Pam dans le frigo avant de se faire fracasser le crâne par Leatherface.
piste 7 : piste 7 - 2'32
Un morceau dans la continuité du précédent, possédant toujours une ambiance macabre et des sonorités sortis d'on ne sait où, avec en prime quelques grognements de Leatherface...
piste 8 : piste 8 - 7'22
Un morceau mythique puisqu'il démarre par les hurlements stridents de Marilyn Burns et les rires de déments de la famille cannibale. Vous l'aurez compris, cette piste sonore correspond à la cultissisme scène du repas. Dialogues des personnages, cris, rires, hurlements, un régal pour les esprits torturés ou les fans de Marilyn Burns, la plus grande Scream Queen du monde ! L'ambiance sonore cauchemardesque atteint alors son apogée sur cette piste qu'on croirait surgir des Enfers même ! "Grandpa is the best killer !"
piste 9 : piste 9 - 1'33
La piste 9 correspond à la musique du générique de fin. Une musique expérimentale agressive, torturée, qui correspond bien au cauchemar qu'on vient de vivre avec les personnages du film !
piste 10 : piste 10 - 4'02
La piste 10 correspond en fait à la piste 5 mais en version "intégrale" pourrait-on dire, puisqu'on à droit à toute la séquence où Pam entre dans la maison de Leatherface jusqu'à ce que celui-ci l'accroche à un croc de boucher et découpe Kirk. Le bruit du vrombissement de la tronçonneuse, un bien joli son vous ne trouvez pas ?
La BO de Massacre à la Tronçonneuse vous conduira dans un univers où le mot "folie" prend tout son sens. Encore une fois, ce bootleg comblera d'aise les fans du film mais toutes les oreilles ne lui resisteront pas, la plupart préférant aller chercher des BOs où le mot "mélodie" est présent. En tout cas, on ne peut que féliciter Tobe Hooper et Wayne Bell pour leur travail de recherches sur les sonorités, car il est évident qu'une partition plus classique n'aurait sûrement pas rempli le même rôle que cette BO, personnage à part entière de ce film unique. |
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| lundi 18 février 2008, a 18:03 |
| DONNIE DARKO |

Qui dit film exceptionnel, dit également musique exceptionnelle. DONNIE DARKO ne déroge pas à cette règle grâce à Michael Andrews,le compositeur, qui réussit là un exploit. Mais qui est ce compositeur me direz-vous ? En fait il faut savoir qu'il n'est pas seulement compositeur mais également acteur, producteur et monteur (« Shrek 2 »). C'est réellement en 2002 qu'il se fait connaître avec la B.O de « Donnie Darko » et poursuivra sur des films tels que « Orange County », « The Hot Shick », « Cypher » et dernièrement « Stuck on you » (toujours en tant que compositeur). Pour en revenir au score, sachez qu'il est composé principalement de morceaux calmes saupoudrés d'une atmosphère diablement efficace (amoureux de piano ce score est fait pour vous). La détente, le rêve mais aussi l'étrange sont les principaux atouts de cette B.O. A présent évadons-nous pour savourer un de ces petits moments si rares et pourtant si importants dans la vie d'un être humain…
piste 1 : Carpathian Ridge - 1'31
Cette piste débute sur un synthé assez déroutant. Pourtant une fois la première note de piano jouée tout devient différent. Elle arrive à nous libérer d'une certaine tension qui régnait en début de piste. Ces quelques notes de piano arriveront à nous redonner espoir, aidé d'un chœur en fin de piste. On se sent vraiment bien, aucune tension négative, juste une sensation de bien être.
piste 2 : The Tangente Universe - 1'47
Morceau des plus étrange… On retrouve des sons vraiment sortis de nulle part (comme celui commencé dans Carpathian Ridge). Cette piste de courte durée est vraiment là pour nous déstabiliser, nous faire perdre nos repères. En tout cas une chose est sûre, nous ne sommes plus dans la réalité, et l'aura ressentie dans Carpathian Ridge n'est plus la même… (je précise au passage que l'intégralité du morceau est jouée au synthé.)
piste 3 : The Artifact & Living - 2'27
Piste possédant une sensibilité à la fois touchante mais aussi pleine d'espoir. On retrouve une mélodie jouée au piano d'une très grande qualité, sublime. A vrai dire ce morceau nous procure une sensation de légèreté et pour accentuer le tout on retrouve en milieu de piste le synthé qui comme à son habitude est utilisé de manière à nous plonger en plein onirisme.
piste 4 : Middlesex Times - 1'39
On se retrouve ici en présence d'une composition pleine de gaieté et relativement amusante, assez surprenante d'ailleurs. Les instruments jouant entre eux donnent un résultat sympathique et qui fait du bien. Pourtant comme pour nous montrer que ceci n'est qu'illusion le synthé fera discrètement son apparition en fin de piste, pour dévoiler le début d'un mauvais présage. On notera la présence d'un mélatron (instrument proche d'une flûte) qui sera utilisé dans ce morceau seulement (également dans The Artifact & Living mais trop discret pour être signalé).
piste 5 : Manipuleted Living - 2'04
Comme on pouvait s'y attendre l'ambiance ressentie précédemment ne pouvait pas durer. Le morceau commence par un son étrange allant et venant à sa guise, vraiment troublant. Cette impression sera accentuée par l'arrivée de bruits assez stridents. Puis d'une manière inattendue tout s'emballe sans que l'on comprenne ce qui se passe. La musique arrive à manipuler son sujet (en l'occurrence nous et Donnie dans le film…), on a du mal à suivre et à comprendre où on veut nous amener. L'étrangeté domine l'intégralité de cette composition c'est pourquoi Andrews utilisera seulement le synthé pour arriver à ce résultat.
piste 6 : Philosophy Of Time Travel - 1'59
Michael Andrews crée cette fois une ambiance assez unique car d'une part le synthé est utilisé d'une manière inhabituelle mais aussi grâce au vocodeur qui rend le tout surréaliste. On est vraiment en présence d'un son venu d'ailleurs qui nous pousse à la réflexion. Une composition vraiment intéressante, remplie de mystère qui nous poussent à nous interroger sur des points existentiels.
piste 7 : Liquid Spear Waltz - 1'28
Voila une piste vraiment extraterrestre, le compositeur a fait preuve de doigté pour arriver à nous concocter une composition aussi magique. On nage en plein rêve, la sensation de planer est vraiment présente. Liquid Spear Waltz débute par un somptueux morceau de piano soutenu par un fond de synthé. La force du morceau se fait ressentir dès l'apparition de l'orgue qui accentue l'ambiance posée en début de piste. Signalons également la présence d'un chœur, assez discret étant donné qu'il est confondu avec l'ambiance sonore, mais qui a tout de même son importance car il permet d'harmoniser le tout.
piste 8 : Gretchen Ross - 0'49
Nous voici en présence d'un morceau court mais intense. J'insiste sur le terme intense tant cette piste peut émouvoir. Comme toujours Andrews arrive à trouver les notes justes pour toucher et il le fait d'une très belle manière avec Gretchen Ross. Cette fois le chœur est vraiment présent et apporte une dimension à cette piste. L'orgue accompagnant le piano est du plus bel effet et s'y marie à la perfection. Cette piste est certes courte mais a l'avantage de détendre et faire rêver…
piste 9 : Burn It To The Ground - 1'55
Je ne sais que dire face à tant de beauté. L'union piano-synthé est encore une fois très touchante. On retrouve un chœur qui arrive à nous transporter relativement haut, grâce notamment au vocodeur rendant le chœur angélique (vraiment splendide). En effet on peut remarquer que le chœur copie l'air du piano, ce qui nous donne un concentré d'émotion. L'un sans l'autre l'impression aurait donné quelque chose de très fort, donc je vous laisse imaginer si l'on unit les deux…
piste 10 : Slipping Away - 1'14
Rien de bien nouveau pour Slipping Away. En effet on retrouve le thème Gretchen Ross en début de piste (on peut quand même noter que de légères percussions ont été ajoutées en fond) et celui de Manipulated Living strictement identique. Tout comme Manipuleted Living l'étrangeté domine ce morceau.
piste 11 : Rosie Darko - 1'22
Magnifique, voilà le mot définissant ce morceau. Le piano est cette fois-ci mis en avant (pour notre plus grand plaisir) avec tout de même la présence du synthé mais bien plus discret qu'à son d'habitude. C'est émouvant, et on peut ainsi ressentir tout le chagrin que Donnie peut supporter. Il en devient presque touchant, tout comme ce morceau…
piste 12 : Cellar Door - 1'00
Composition relativement courte. On retrouve les mêmes éléments que dans la piste précédente (piano plus synthé) mais à la différence près qu'un chœur fait son apparition, donnant ainsi une pointe de mystère à cette piste.
piste 13 : Ensurance Trap - 3'08
Le morceau débute sur une ambiance inquiétante qui se transformera en peur par la suite. Michael Andrews instaure un rythme lent au synthé, pour nous surprendre en milieu de piste avec de nombreuses nappes inquiétantes arrivant de toute part. Autant vous dire que la tension monte et pour la première fois depuis le début de ce score on ressent une menace réelle.
piste 14 : Waltz In The 4th Dimension - 2'43
Dissipe quelque peu l'inquiétude ressentie dans la piste précédente dans l'onirisme. On ne peut que se laisser absorber dans ce monde onirique dû a un chœur favorisant grandement cette notion de rêve. On peut remarquer la présence d'un Wurlitzer qui gratifie le morceau de belles nappes synthétiques, renforçant une fois de plus l'idée du rêve éveillé. Vous l'aurez compris, chaque instrument génère une atmosphère onirique, et couplés les uns aux autres ils accentuent la sensation de plénitude.
piste 15 : Time Travel - 2'58
Ce morceau est vraiment instable, naviguant sans cesse dans des ambiances différentes. A la manière du film qui fait machine arrière, Time Travel fait de même. Donc il n'est pas rare de réentendre des motifs utilisés dans les pistes précédentes. Malgré cela on prend toujours plaisir à écouter cette piste.
piste 16 : Did You Know Him - 1'44
On retrouve un morceau d'une grande pureté. Le piano sera le seul instrument utilisé pour Did You Know Him qui donne à cette piste une sonorité claire et précise. Ce morceau nous ramène peu à peu à la réalité telle que nous la connaissons. Un sentiment profond domine l'ensemble, comme si nous ne pouvions pas aller à l'encontre d'un futur peu réjouissant…
piste 17 : Mad World - 3'03
Nous voici en présence de la seule piste chantée. La plupart du temps on a affaire à une chanson en décalage avec le reste du score (la raison est simple : elle est présente car elle figure dans le générique de fin). Mais dans « Donnie Darko » ce n'est pas le cas, elle fait partie intégrante du film (d'ailleurs on la retrouve dans la scène finale du film, pour notre plus grand plaisir). On pourrait penser qu'elle dénature l'ensemble du score mais ce n'est pas du tout le cas, elle le résume parfaitement au contraire. Cette ballade, une reprise d'une chanson du groupe Tears for fears, est une perle d'émotion qui restera dans les mémoires de tous ceux ayant eu la chance de pouvoir l'écouter. Pour tout vous avouer, si Mad World se marie si bien avec le reste du score il y a une raison. Cette raison est simple : Michael Andrews s'occupe du background (tout ce qui est instrument) et Gary Jules du chant...
piste 18 : Mad World (Alternate Mix) - 3'39
On retrouve sensiblement la même piste mais cette fois–ci Michael Andrews sera accompagné de Aaron Redfield. Ce dernier apportera des percussions qui ne sont pas forcément du plus bel effet. Après ça reste une histoire de goût mais je comprends pourquoi Michael Andrews n'a pas voulu utiliser de percussions pour l'ensemble de sa composition. Sinon on retrouve toujours Gary Jules. A signaler que ce mix est à peine plus long que l'original.
Tant d'émotion ressentie durant ce score. Sans s'en rendre compte on a pu voyager à travers Donnie Darko, contempler son être et comprendre la tragédie qui pouvait peser sur lui et ses proches. Cette B.O est l'une des plus touchantes qu'il m'ait été donné d'écouter et c'est sans doute celle qui m'a procuré le plus grand plaisir. Dans un sens ce score est là pour nous faire réfléchir sur la vie en général, nous poser des questions diverses sur le monde dans lequel nous vivons... Mad World va dans ce sens d'ailleurs et démontre une fois de plus sa pertinence sur le cd. Malgré tout, même si Michael Andrews a composé un score unique, le style de la B.O n'est pas sans rappeler un certain Angelo Badalamenti (ce qui est loin d'être un défaut), mais qui peut se vanter de ne pas être plus ou moins influencé ? Pour conclure, la composition de Michael Andrews est monstrueuse (à vrai dire c'est celle qui me tient le plus à cœur), un vrai bonheur qui se prolonge jusqu'à la chanson finale, Mad World, qui à elle seule arrive à résumer toute la splendeur de ce score. Une B.O fortement recommandée donc. |
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| lundi 18 février 2008, a 18:01 |
| CARNAGE |

Réalisé en 1981 par Tony Maylam, "Carnage", aka The Burning, est considéré comme l'un des meilleurs slashers post-Vendredi 13. Avec son tueur fou du nom de Cropsy et surtout avec l'arme que ce dernier utilise, à savoir une longue cisaille, le film s'est rapidement fait un nom parmi les amateurs. C'est au compositeur Rick Wakeman qu'on a confié la tâche d'écrire la musique du film. Il fut secondé par Alan Brewer, qui composa quelques musiques additionnelles, présentes sur le cd de la B.O. Une B.O. où le synthétiseur est roi, mais qui, personnellement, ne m'a guère convaincu. Mon soucis, c'est qu'à l'écoute des 11 pistes qui compose le disque, j'étais bien incapable de me dire quelles scènes pouvaient bien évoquer les mélodies entendues. J'irai même jusqu'à dire qu'hormis une ou deux pistes, on peut se demander si c'est bien les musiques d'un film nommé "Carnage" ! Très peu de climat angoissant, et des différences de style parmi les titres qui évoquent tous sauf un film d'horreur.
piste 1 : Campfire Story - 3'08
L'histoire de Cropsy raconté par le moniteur lors du feu de camp. La fin de l'histoire laisse place à des notes criardes au synthé puis à une douce mélodie.
piste 2 : The Burning - 2'01
Mélodie assez mélancolique pour le thème du film. Un thème assez réussi, mais qui ne fait pas vraiment penser à un film d'horreur.
piste 3 : The Fire - 3'21
Les choses sérieuses commencent avec ce titre. Le climat devient plus oppressant, la sensation de suspense pointe son nez.
piste 4 : Doin it - 2'43
Changement radical de style avec ce titre qu'on croirait sortir d'une vieille série télévisée style « La Croisière s'amuse » ou « Madame est servie ». Dynamique, rythmé et enjoué, cette musique est parfaite pour mettre en images une bande d'ados en train de s'amuser. Ce changement s'explique par le fait que le compositeur n'est pas Rick Wakeman mais Alan Brewer, qui était compositeur assistant sur ce film.
piste 5 : Devil's Creek Breakdown - 2'20
On continue avec le cinquième morceau qui cette fois nous propose une petite mélodie jouée au Banjo et violons, façon Benny Hill. Un peu le genre de musique que vous pouvez entendre quand vous allez manger au Buffalo Grill, déguisé en cow-boy… Ce titre est également l'œuvre d'Alan Brewer.
piste 6 : The Chase - 1'58
Ah, retour du synthé et de l'ambiance « film d'horreur » avec The Chase. Un titre qui évoque pas mal la musique des Goblin, notamment celle de « Suspiria ». Les amateurs apprécieront.
piste 7 : Shear Terror - 2'45
Poursuite de l'ambiance angoissante avec ce titre. Personnellement, les vagues de synthés m'ont un peu agacé et plombe parfois l'ambiance qu'elles sont sensées représenter.
piste 8 : Theme from The Burning - 3'30
Retour du thème du film, toujours aussi mélancolique, mais joué un peu différemment par rapport à la piste 2, surtout aux niveaux des sonorités. Le morceau évolue vers un style plus enjoué au milieu de la piste, devient plus dynamique et rythmé et sonne très années 80. Très sympa à écouter, j'aime beaucoup, même si, encore une fois, on a pas réellement l'impression que ce soit le thème d'un film d'horreur.
piste 9 : The Chase Continues (Po's Plane) - 3'54
C'est à un festival de notes jouées au synthé qu'on assiste avec ce titre. Les notes virevoltent de partout, les mélodies se suivent mais ne se ressemblent pas, malgré un thème récurrent. Ca fait presque musique de groupe de hard rock 70's.
piste 10 : Variations on the fire - 5'16
Un titre dans la continuité du précédent, peut-être même plus « dansant », et toujours avec la présence de sonorités particulièrement aiguës. Vers les 3 minutes, on se demande si le compositeur n'a pas piqué l'orgue des « Doors »…
piste 11 : Shear Terror and More - 4'33
Ambiance jazzy au début, qui vire au rock, pour revenir vers le jazz en plein milieu et évoluer encore vers la fin. La batterie est plus présente, donnant un certain rythme au morceau.
Personnellement, la BO de "Carnage" ne fera jamais partie de mes préférées. Il n'y a quasiment pas de lien entre les titres, l'ambiance ou le suspense est majoritairement absent, et les partitions aux synthés ne sont pas très agréables à écouter. Bref, déception pour ma part, un disque à ranger derrière ses étagères et à oublier, malgré un thème principal assez réussi.
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| lundi 18 février 2008, a 17:59 |
| DRACULA |

Le film de Coppola reste aujourd'hui encore un des films les plus réussis sur le thème de Dracula. Nous pouvons donc tirer notre chapeau à Francis Ford Coppola mais également à Wojciech Kilar, compositeur polonais qui, grâce à sa musique, participe grandement à l'immersion dans le film, collant parfaitement à l'ambiance de celui-ci. Ces morceaux ne sont pas là pour combler le fond du film, mais bien pour décupler la force que Coppola a su lui faire dégager. Après avoir composé les musiques de "Le roi et l'oiseau" de Paul Grimault, Wojciech Kilar nous dévoile une composition cette fois gothique et envoûtante.
piste 1 : Dracula - The Beginning - 6'41
On commence avec une piste tirant principalement sa force des cordes qui, au fur et à mesure que les secondes défilent, augmentent en intensité, pour arriver jusqu'à l'explosion en milieu de piste (servie auparavant par des instruments à vent). Plus aucun doute, l'ambiance est posée. La seconde moitié de la piste viendra renforcer davantage cette impression avec des chœurs discrets, accompagnés d'une sublime voix de femme qui sera ensuite étouffée par une montée en puissance très violente de la musique. La fin de la piste reprendra les chœurs masculins et la violence musicale, pour aboutir à quelque chose de très grand.
piste 2 : Vampire Hunters - 3'05
Nous retrouvons encore un morceau qui met en avant des cordes. Il est assez répétitif mais n'est pas pour autant lassant, je m'explique : ce morceau utilise un rythme très calme sans réel changement durant la totalité du morceau mais n'est pas agaçant ou ennuyeux, l'écouter en boucle par exemple n'est pas un problème. C'est surtout dû à l'ambiance envoûtante qu'instaurent les instruments et à son rythme, que ce morceau arrive encore après plusieurs écoutes à nous émerveiller.
piste 3 : Mina's Photo - 1'25
Voici maintenant le thème d'amour entre Dracula et Mina (repris dans le morceau "Mina's Photo"), dont on ressent tout l'aspect tragique à travers cette musique douloureuse, le chant sensible et touchant de la soprano, accompagné de cordes qui font encore une fois des merveilles.
piste 4 : Lucy's party - 2'56
Une composition très élégante, qui reste douce et romantique à la fois, s'éloignant un peu des pistes précédentes pour donner une touche de gaîté. Malgré cela une ambiance assez dérangeante est au rendez-vous, gardant un côté assez sombre dans l'ensemble.
piste 5 : The Brides - 4'56
Cette piste est une reprise plus théâtrale et plus tragique de l'ouverture de la première piste. Le rythme est plus lent et s'appuie sur des sons plus aigus. Au final cela donne un morceau relativement sombre et diablement douloureux, une impression malsaine s'en dégageant par moments.
piste 6 : The Storm - 5'04
Une piste remarquable. Une composition grandiose, imposante, pour un morceau très éprouvant. En effet la piste commence de manière calme et poursuit sur un passage sombre et inquiétant, puis vient s'ajouter par-dessus une autre partie. Elles n'ont pas le même tempo, ce qui produit une sensation étrange et dérangeante. Arrivent ensuite des chœurs d'une grande violence qui accentuent l'ambiance de ce morceau qui finit vraiment très fort.
piste 7 : Love Remembered - 4'10
Composition douce mais moins remarquable que les compositions précédentes. Ca reste très bon tout de même.
piste 8 : The Hunt Builds - 3'25
Ce morceau nous offre une remarquable démonstration de ce que doit être une composition servant d'accompagnement à une scène relativement sombre.
piste 9 : The Hunters Prelude - 1'09
N'est autre qu'une reprise de la piste 2, mais dans une version tout de même fort sympathique, qui reste brillante grâce aux variations apportées.
piste 10 : The Green Mist - 0'54
Une piste relativement courte (54 secondes précisément), et malgré tout un morceau d'ambiance de très bonne qualité.
piste 11 : Mina/Dracula - 4'47
Piste douce et romantique, tout comme la piste "Mina's photo". Je préfère être clair, les pistes romantiques de ce score ne sont en rien des compositions barbantes, on ne tombe jamais dans un pseudo romantisme à l'eau de rose. Et l'on ressent bien à travers cette piste la présence du comte qui affirme son côté dangereux.
piste 12 : The Ring of Fire - 1'51
Morceau sombre et relativement effrayant, principalement grace aux voix (des bruits de tout genre également) et aux chœurs qui rendent le morceau assez terrifiant. Vous avez rêvé d'être au sein du film, enfermé dans un tonneau sans savoir ce qui se passe autour de vous ? Si c'est le cas ce morceau est fait pour vous. N'ayez pas peur, dites-vous que c'est un rêve et que vous allez vous réveiller à la fin de la piste (si un loup ne vous a pas attrapé entre temps)!
piste 13 : Love Eternal - 2'23
On retrouve une piste romantique qui cette fois est relativement paisible, sans réel danger (contrairement à la piste 11 "Mina/Dracula"), les notes défilant de manière très naturelle avec un petit final au violon vraiment fantastique. Cette composition est très belle et apaise quelque peu l'ambiance inquiétante des précédentes pistes.
piste 14 : Ascension - 0'50
Nous retrouvons une fois encore un morceau très court mais qui n'est pas dépourvu de qualité. Cette piste de 50 petites secondes, n'est autre qu'un chant a cappela, et chant religieux sonne souvent avec grand art, ce n'est pas ici que je vous prouverai le contraire.
piste 15 : End credits - 6'42
Cette piste porte relativement bien son nom car elle reprend quelques-uns des thèmes les plus beaux de ce cd. Aucune surprise donc, mais c'est toujours un plaisir de réécouter ces compositions de cette manière.
piste 16 : Love Song For A Vampire - 4'21
Après une piste 15 qui aurait conclu le cd de très belle manière, nous avons donc droit à une chanson qui, je tiens à le dire, n'a pas sa place dans cette composition de Wojciech Kilar. Cette chanson d'Annie Lennox (du groupe Eurythmics au passage) est pourtant très bien, mais c'est assez désorientant de l'écouter, car elle jure avec l'ambiance globale des autres pistes. Heureusement qu'on la retrouve seulement dans le générique de fin. Elle ne nuit donc pas au film, mais étant donné que nous ne pouvons faire la distinction pendant l'écoute, arrivé à cette piste on pourrait se dire que la platine a changé de cd. Bon j'ai peut-être été injuste, cette chanson possède tout de même une ambiance très proche du film de Coppola, mais seulement durant les cinq première secondes ! Normal, car Annie Lennox ne chante pas. Le background de la musique est très bon et il aurait été préférable d'avoir mis cette chanson dans une version instrumentale. Je blâme, je blâme, mais c'est sur la soit disant piste la plus mauvaise du cd que j'argumente le plus et où j'ai le plus de choses à dire, ça a le mérite d'être signalé (avant qu'on me fasse la remarque). Allez, elle aura bien mérité ses quinze petites lignes avec tout le mal que j'ai dit sur sa chanson (je t'aime Annie !).
Alors au final, avons-nous affaire à une composition ultime? Comme vous avez pu le lire tout au long de cette critique il est difficile de cacher que cette B.O est d'une qualité rare : un score à acheter les yeux fermés que l'on ait vu ou non le film. On a bien affaire à une œuvre magistrale sur tous les plans. C'est bien simple, il suffit de fermer les yeux pour voir défiler les images du film, tellement la composition se marie à merveille à l'ambiance de celui-ci. J'irai même jusqu'à dire, qu'écouter le cd revient d'une certaine manière à se revisionner le film, tellement l'œuvre est puissante. Sans rien ajouter de plus, cette composition est un petit bijou qui a le mérite d'émouvoir, de par sa beauté, tout comme Coppola l'a fait visuellement avec "Bram Stoker's Dracula". |
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| lundi 18 février 2008, a 17:57 |
| BASIC INSTINCT |

Qui mieux que le talentueux Jerry Goldsmith, digne successeur de Bernard Herrmann, pouvait être chargé de la bande originale de « Basic Instinct » ? Pour ce thriller aux relents hitchcockiens, il fallait faire appel à un compositeur d'apparence classique (ce n'est pas un hasard si Goldsmith s'est occupé de la musique de « Psychose 2 » tant sa filiation avec les univers d'Hitchcock est patente) mais qui saurait apporter sa touche personnelle. Ce n'est pas la première fois que Goldsmith collabore avec le hollandais violent. Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble sur « Total Recall ». Un choix logique, tant son score arrive à moderniser le mythe de la femme fatale et à sublimer San Francisco, qui apparaît ainsi comme une entité propre. La ville du Golden Gate devient ainsi une ville fantasmée et un personnage à part entier du film. Le hasard ne faisant jamais mal les choses, la corrélation est vite faite avec le sublime « Sueurs froides » de Sir Alfred ! Pièce maîtresse d'un des plus grands compositeurs du 20ème siècle (ce n'est pas notre collègue Gilles Luquet qui me démentira !), la B.O de « Basic Instinct », est une œuvre orgasmique, qui mélange érotisme et suspense avec une densité qui ne sera plus jamais atteinte par les ersatz de ce thriller. Pour diriger son orchestre, Goldsmith fera un bon usage de chaque instrument (pianos, cordes, violons…), ce qui aboutit à une parfaite symbiose entre les images et la musique.
piste 1 : Main Title - 2'17
Magnifique entrée en matière avec une partition musicale qui joue avant tout sur nos sentiments, s'accordant majestueusement avec la photographie de Jan de Bont. La partition débute de manière limpide avant de s'atténuer en bout de course, au diapason de nos deux amants, comme essoufflés par leurs ébats. Un premier morceau qui ne laisse pas présager cette fin brutale et l'irruption soudaine de la violence.
piste 2 : Crossed legs - 4'52
Alternance de cuivre et de corde pour accompagner ce morceau, qui est à la fois caressant et brutal. Cette plage est divisée clairement en deux parties distinctes. On assiste alors à une accélération du rythme dans sa seconde phase. Le rythme soulignant bien la rencontre entre ces deux « bêtes » que sont Catherine Tramell et Nick Curran. Un second thème récurrent (après le Main title) fait alors son introduction, et reviendra en boucle pour surligner le rôle attractif de la femme fatale.
piste 3 : Night Life - 6'05
Nous nous trouvons ici en présence d'un thème extrêmement violent. Beaucoup plus que ceux qui l'ont précédé, et qui nous fait ressentir l'adrénaline et le goût du danger (déjà les Risk Addiction, thème central de la suite). Le rythme est très soutenu jusqu'à donner un sentiment de vertige. Puis s'ensuit une partie plus douce, et cotonneuse, nous plongeant dans une sorte de rêve éveillé, nous plaçant du côté du personnage du flic. Son obsession de Catherine se transmet alors à nous. La piste se conclue enfin par une reprise sur un mode mineur et moins agressif du thème d'intro.
piste 4 : Kitchen Help - 4'00
Ici, Goldsmith fait une sorte de pause, se montrant moins inventif et audacieux. La répétitivité des mêmes sonorités peut même lasser même les plus fervents défenseurs du compositeur. Même si la piste n'est pas vraiment déplaisante
piste 5 : Pillow Talk - 5'02
On entre dans le vif du sujet avec la fameuse scène d'amour entre Sharon Stone et Michael Douglas. Une longue scène qui méritait une composition magistrale. Pari largement réussi. La musique orchestrale se donne à fond pour accompagner ce ballet amoureux et torride. Au diapason de la scène, le compositeur colle au plus près et livre une véritable tour de force.
piste 6 : Morning after - 2'30
Sorti du réveil (sonorité très apaisante) du « Prince au bois dormant » après sa nuit extatique, ce morceau restera finalement très anecdotique, se contentant en terme de musicalité de surligner la dangerosité de miss Tramell ! Rien de nouveau sous le soleil californien…
piste 7 : The Games are over - 5'36
Changement de registre en même temps que les suspects deviennent plus nombreux et que Nick Curran se trouve perdu entre deux réalités (la psy et Tramell, deux femmes manipulatrices). Les émotions se font troubles et cette piste de toute beauté s'inscrit dans la continuité de la BO (sourde angoisse que l'on avait déjà ressenti dans le thème « Pillow talk »). La seconde partie monte en crescendo jusqu'à épuisement total. A noter une utilisation intensive du piano, qui sert à accentuer la sensation de danger.
piste 8 : Catherine's Sorrow - 2'43
Ce thème passe assez inaperçu après la richesse des thématiques des pistes précédentes. Une discrétion qui permet de faire une pause
piste 9 : Roxy loses - 3'18
Pour la première fois, le thème musical prend pour une autre femme que Catherine Tramell comme objet central : Roxanne, sa maîtresse. La jalousie meurtrière de cette dernière se fait ressentir à travers les élans sonores d'une musique orchestrale portée à son sommet, et qui va très loin dans la montée de la tension. Mais dès que Roxanne disparaît de la scène, la musique reprend un tempo plus calme et modeste. Sans pour autant basculer dans des mélopées sirupeuses, contrairement à e qu'auraient fait d'autres compositeurs en une telle occasion.
piste 10 : An unending story - 7'56
La plus longue piste de la BO reprend allégrement les mêmes sonorités, aboutissant à un condensé des thèmes principaux déjà abordés. Les cuivres sont à nouveau très demandés comme en écho au thème d'ouverture désespéré et si évocateur à l'oreille. Pour achever sa BO, Goldsmith se laissera néanmoins à plus de douceur, ce qui se démarque de la plupart des morceaux enfiévrés auquel on a eut droit précédemment
Thème intemporel parmi d'autres de son auteur, la BO de « Basic Instinct », mélange avec brio la thématique hitchcockienne avec la modernité des années 90. Sans sombrer jamais dans la facilité, Jerry Goldsmith, dépoussière un mythe, et montre que l'on peut composer avec brio la musique d'un thriller érotique là où d'autres se seraient laissés aller à la facilité. La plupart des scènes clés du film se terminant quasiment de manière orgasmique, grâce à l'utilisation d'un orchestre dans toute la diversité de ses instruments. Une leçon de grande classe que nous a encore donné monsieur Goldsmith. |
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| lundi 18 février 2008, a 17:56 |
| AVALON |

A l'instar de Miyazaki/Hisaishi, célèbre duo réalisateur/compositeur d'animation japonaise, on retrouve également le duo Mamoru Oshii/Kenji Kawai. On leur doit les deux premiers PATLABOR, JIGOKU NO BANKEN: AKAI MEGANE (leur première collaboration), GHOST IN THE SHELL 1 et 2 et bien entendu AVALON qui se dirige cette fois-ci non pas vers l'animation japonaise mais bien vers un film live. AVALON reste une des meilleures compositions que Kenji Kawai ait pu faire, le compositeur aura recours à l'Orchestre philharmonique de Varsovie pour nous livrer des morceaux sublimes. On est loin ici de l'étrange composition de GH0ST IN THE SHELL ou bien des nombreuses nappes de synthétiseur utilisées dans un DARK WATER ou un RING. Un point sur lequel on peut le féliciter en tout cas.
Le disque débute avec "City 13", une introduction électronique ambiant assez sombre, puis arrive "Log Off" qui introduit la chorale, un chant grandiose plein de puissance et rempli d'émotion, épique bien comme il faut. Difficile à croire mais "Voyage To Avalon" est sans doute une des plus belles compositions faites pour un film. On y retrouve une soprano (Elzbieta Towamicka) accompagnée d'un chœur donnant un résultat bouleversant rempli d'émotion... de tristesse. Le tout fait penser inévitablement à un chant d'opéra tragique où la sincérité est de rigueur, mené par un chant poignant qui saura nous emmener vers une terre rêvée par tout homme. "Murphy's Ghost" contraste avec les deux dernières pistes. Ici l'opéra n'est plus de rigueur, place à l'électronique. On retrouve des samples de voix suivant un même cycle tout le long du morceau. Construit de cette manière, le morceau dégage un mystère tout comme Murphy nous le fait ressentir. "Bishop" est un morceau court relativement étrange. Mais c'est avec "Nine Sisters" que le mot mystérieux prend tout son sens. En effet Kenji utilise deux samples de voix (celle d'une femme imposante et d'un homme plus discrète) en les répétant sans cesse, ce qui donne au morceau un aspect vraiment intriguant. Le style utilisé nous plonge bien dans un univers irréel tout comme Ash (l'héroïne) dans le film. Dans la dernière partie de la piste tout s'accélère pour retomber brusquement, laissant place au silence. "Ruins C66" est un morceau particulier baignant dans une atmosphère mystérieuse. Passons à "Gray Lady (Ash)", un titre intéressant rempli d'affection et de tendresse. On est touché par la simplicité de ce morceau tout comme Ash l'est avec son chien, mais malgré cela on ressent au fond une profonde solitude. "Flak Tower 22" est comme "Ruins C66" un morceau d'ambiance assez court mais se distingue de ce dernier par un sentiment de danger qui n'était pas présent auparavant. Dans "Ruins D99", le compositeur propose un sombre mélange de percussions et de nappes jouées au synthétiseur. Tout comme "City 13", "Ruins C66" et "Flak Tower 22", "Ruins D99" reste un morceau difficile d'accès sans le film devant les yeux. Aucune réelle sensation de peur ne s'était faite sentir depuis le début de ce score mais les choses vont changer avec "The Ghost Hunting". Cette composition change radicalement l'atmosphère que l'on a ressenti précédemment et on retrouve ainsi le Kenji de DARK WATER et RING, retranscrivant une ambiance plutôt glauque. On arrive à présent AU morceau du score, "Voyage To Avalon (Orchestra Version)". On avait déjà pu se rendre compte à quel point la version non orchestrale était fabuleuse, difficile à croire mais cette version va encore plus loin. Une composition de 10 minutes 15 de pur bonheur avec un Orchestre de Varsovie au mieux de sa forme. Les cuivres et les percussions accentuent le sentiment de tristesse de la version normale, cette composition est plus poignante et donne une dimension stupéfiante à l'œuvre, aidée par une soprano nous dévoilant ici tout son talent. Cette perle sera suivie de "Tir Na Mban", un morceau émouvant à souhait, nous perdant entre réalité et fiction. Une piste saisissante. Comme pour donner un sens à tout ça "Log In" termine ce score par où il avait commencé avec "Log Off" (je rappelle que cette dernière est la musique d'introduction du film) avec un chœur épique. |
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| lundi 18 février 2008, a 17:53 |
| ALIEN |

Jerry Goldsmith a signé un score assez difficile d'accès mais d'une très grande efficacité une fois porté à l'écran. Un de ses atouts est sans aucun doute l'utilisation des violons stridents vraiment terrifiants. Mais c'est avec ALIEN qu'il l'affirmera. Bien entendu je me sens obligé de vous parler de l'une de ses compositions (dans le même registre) qui se nomme LA MMALEDICTION (THE OMEN), une série (et non un film) qui reste une de ses œuvres les plus réussies, à la fois belle et terrifiante. Je n'ai plus rien à ajouter, juste à vous inviter à monter à bord du Nostromo pour un voyage que vous n'oublierez pas de sitôt. A présent je ferme le sas et vous souhaite un agréable vol. C'est parti…
piste 1 : Main Title - 3'30
On commence donc cette B.O avec le thème principal qui sera le fil conducteur de ce score. Ce thème navigue entre le paisible et l'horreur. Le "Main Title" débute sur une ambiance propre à l'espace. Ensuite une trompette fait son apparition, instrument qui apporte beaucoup de force à cette piste, grâce à une très belle mélodie. Dans la deuxième partie se dégage une impression de liberté totale, vous transportant dans les airs, qui s'exprime grâce aux flûtes traversières.
piste 2 : Face Hugger - 2'32
Voilà une piste étrange parsemée de sons plutôt inquiétants et de notes crispantes à souhait, avec des cordes décrivant une ambiance mystérieuse. Cette composition est vraiment dérangeante et remarquablement bien construite pour créer un climat des plus désagréable. Ce morceau se révèle au final effrayant, du fait qu'au fur et à mesure que les secondes passent, l'ambiance prend de plus en plus une tournure inquiétante.
piste 3 : Breakaway - 3'00
Voilà un morceau qui ne figure pas dans le film et devait correspondre à la fuite de Ridley à travers le vaisseau. Comme vous pouvez l'imaginer ce morceau est fortement rythmé. Pourtant dès la moitié de la piste tout va se calmer et on pourra distinguer la très belle mélodie du "Main Title" qui se prolongera pour conclure cette piste.
piste 4 : Acid Test - 4'35
Une ambiance lugubre, entrecoupée de silences (pas tout à fait car nous pouvons entendre en sourdine un son des plus inquiétants), pouvant nous rendre mal à l'aise voire tendu. Le finish pousse le vice en se servant de pics de puissance agrémentés de sons étranges.
piste 5 : The Landing - 4'29
Confirme vraiment le talent de Goldsmith à composer pour des films de science-fiction. Il parvient à faire varier son thème et arrive avec aisance à le transporter d'un instrument à un autre de manière très naturelle. Il reviendra pourtant sur la version du thème avec les cordes, concluant ainsi de très belle manière cette piste.
piste 6 : The Droid - 4'40
Attention, nous voilà en présence d'une composition vraiment macabre et très dérangeante. En effet Goldsmith utilise d'entrée de jeu une série de sons très percutants, avec des glissements de cordes puissants et couronnés d'autres instruments, donnant un cocktail vraiment terrifiant. Il faut réellement une sacré cohérence pour parvenir à un tel résultat, ne pouvant nous laisser de marbre. Ce morceau n'a pourtant pas été utilisé dans le film et c'est fort dommage vu l'impact qu'il dégage. Pour la fin de cette piste on retrouve le thème principal.
piste 7 : The Recovery - 2'44
Vous adorez les compositions avec une ambiance angoissante ? Si oui vous allez être servi. Le morceau débute avec une orchestration vraiment énorme. Ensuite une explosion orchestrale correspond à la fuite de Ripley face à l'alien, qui nous fait ressentir l'angoisse qu'elle peut éprouver face à un tel monstre (c'est fantastique ce qu'une musique peut nous procurer comme émotion !). On retrouve d'ailleurs le motif déjà entendu dans le morceau "Breakaway". Vient ensuite une deuxième partie plus douce, comme une impression de calme après la tempête. Mais tout danger n'est pourtant pas écarté…
piste 8 : The Alien Planet - 2'28
On peut rapidement résumer ce morceau en le qualifiant d'inquiétant, tant on arrive mal à comprendre et à distinguer ce qui se passe.
piste 9 : The Shaft - 3'57
Après en être arrivé là on se dit que l'on a tout entendu, "The Shaft" est peut-être le morceau qui est le plus angoissant voire le plus terrifiant (ce morceau n'a pas été retenu et aurait dû figurer dans la séquence du conduit de ventilation). Durant un long moment le compositeur joue sur l'incertitude du déroulement de la scène. Malgré cela l'orchestre répond à nos attentes en dégageant un sample rythmique que Goldsmith utilise de façon répétée et de manière de plus en plus violente (en un superbe crescendo), pour arriver à éclater en fin de piste, nous faisant comprendre que la créature a eu raison de Dallas…
piste 10 : End Title - 3'02
Quel bonheur de finir sur une aussi belle composition, si reposante et soulageante, où le thème principal est une fois de plus développé. L'on ressent l'impression de quitter ce monde cauchermardesque vécu à travers les 9 autres pistes pour arriver à celle-ci qui nous donne une vision plus pessimiste du déroulement des événements à venir. Et on se dit en écoutant les dernières secondes de cette fin de cd (avec un superbe crescendo qui déploie toute sa force pour ce thème, enchaînant sur un final des plus triomphants) que l'on revient de loin et que même si cela n'aura pas été facile d'arriver vivant jusqu'ici, on n'a envie que d'une seule chose... se replonger dans cet univers... Goldsmithien, si je peux me permettre!
Difficile de vous cacher mon enthousiasme envers cette B.O, qui donne à celui qui l'écoute un ticket pour un autre monde. C'est une B.O à se procurer sans hésitation si vous avez la chance de tomber dessus (et oui, malheureusement elle n'est pas facile à trouver, donc raison de plus de vous la procurer si vous avez la chance de pouvoir l'acquérir). Pour finir, je dirais que le "Main Title" est la porte menant à cet endroit si effrayant, alors que le "End Title" au contraire serait la porte de sortie à tout ce cauchemar. Mais une chose est sûre. C'est que si vous décidiez de franchir la porte d'entrée vous vous exposeriez à une expérience si terrifiante que, d'où vous soyez, personne ne vous entendra crier…
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| Présentation |  blade62
Je suis fan de cinéma depuis plus de 35 ans.Vu mon pseudo,,je suis aussi fan de l'acteur:Wesley Snipes depuis environ 10 ans.
j'ai ouvert ce blog depuis le 08/02/2008 et j'en suis trés fier...N'hésitez pas sur les commentaires du site ou des articles mis en ligne.Ca fait toujours plaisir et CLIQUER SUR LA PUB EN DESSOUS, pour continuer de faire vivre ce blog...
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| commentaire(s) | 29/02/2008 SST27 (06/08/2009 20:26)Bonjour Blade,
Je s... |
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