La filmographie complète (de 1922 à 1980)
Cette filmographie décrit les 63 films réalisés (ou co-réalisés) par Alfred Hitchcock entre 1922 (Number thirteen, son premier film, inachevé) et 1980 (The short night, le dernier scénario sur lequel il a travaillé avant sa mort, le 29 avril 1980). Dans toute sa carrière, Hitchcock réalisera en fait 53 long métrages.
Hitchcock n'a bien entendu pas réalisé que des chef-d'oeuvres et les informations disponibles suivant les films sont inégales en quantité et également en qualité. Les films sur lesquels Hitchcock était assistant réalisateur (entre 1923 et 1925) sont cités en italique.
La carrière d'Hitchcock est divisée en 2 parties : la période anglaise (jusqu'en 1939) et la période américaine (à partir de 1940).
La période anglaise
Number thirteen (1922)
Origine : GB Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: inachevé
Ce film ne fut jamais terminé par Hitchcock. Il l'avait entrepris en collaboration avec ancienne assistante de Charlie Chaplin qui l'avait convaincu de produire et réaliser le scénario qu'elle avait écrit.
Selon les propos d'Hitchcock lui-même, "Ce n'était vraiment pas bon".
Woman to woman (1922)
La danseuse blessée
Origine : GB Scénario: Alfred Hitchcock & Graham Cutts Réalisation: Graham Cutts Durée: ?
Ce film ne fut pas vraiment réalisé par Alfred Hitchcock (il était assistant metteur en scène, scénariste et décorateur)
- Voir un des décor ci-dessous:
L'histoire est tirée d'une pièce de théâtre : un officier de l'armée anglaise a une liaison avec une danseuse lors d'une permission à Paris. De retour au front, il est victime d'une blessure qui lui fait perdre la mémoire. Il retourne en Angleterre et épouse une femme de la haute société mais la danseuse réapparait alors avec un enfant...
Le film se termine sur la mort de la danseuse.
The white shadow (1923)
L'ombre blanche
Origine : GB Scénario: ? Réalisation: ? Durée: ?
The passionate adventure (1924), Abnégation The blackguard (1925), Le voyou The prude's fall (1923)
The pleasure garden (1926)
Le jardin du plaisir
Origine : GB Scénario: Eliot Stannard Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 53 mn
Le scénario, tirée d'un roman d'Oliver Sandys est assez mélodramatique.
Danseuse dans un music-hall Le jardin du plaisir, Patsy recueille une jeune provinciale, Jill fiancée à Hugh, un militaire venu d'Afrique. Patsy épouse ensuite un ami de Jill, Levett qui part aussi pour l'Afrique ou il mène une vie débridée. Patsy part le rejoindre, découvre que son mari a perdu la raison et veut rompre. Levett tente de tuer Jill mais il est abattu. Jill refera sa vie avec Hugh.
Ce film a le privilège de présenter le premier meurtre Hitchcockien (Levett tue sa petite amie indigène en la noyant).
The mountain eagle (1926) Origine : GB Scénario: Eliot Stannard Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 57 mn
Le scénario de ce film est quelque peu grotesque (du dire d'Alfred Hitchcock lui-même): Un directeur de magasin poursuit une jeune institutrice innoncente qui pour lui échapper se réfugie dans la montagne. Elle rencontre alors un ermite et finit par l'épouser.
Il n'existe aucune copie de ce film qui est donc considéré comme perdu mis à part 6 photos publiées dans l'ouvrage de François Truffaut dont voici un exemple :
The lodger (1926)
Les cheveux d'or
Origine : GB Scénario: Alfred Hitchcock & Eliot Stannard Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 59 mn
Nous avons ici un scénario typiquement hitchcockien: à Londres, un assassin le vengeur étrangle des femmes blondes. Un locataire est injustement accusé du meurtre mais le véritable vengeur est arrèté à la fin du film.
On retrouve ici des thèmes chers à Hitchcock : les blondes, un assassin psychopathe, l'erreur judiciaire.
On trouve également quelques sènes d'escaliers comme ci-dessous :

Downhill (1926) Origine : GB Scénario: Eliot Stannard Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 58 mn
Deux amis de collège (Roddy et Tim) flirtent avec la même vendeuse (Mabel). Elle accuse Roddy de vol et il est chassé du collège et de chez lui. Il devient figurant de théâtre, puis gigolo au bal du Moulin-Rouge et finit malade dans un taudis de Marseille. Roody retrouvera finalement sa famille et son collège.
Dans ce film, Hitchcock oppose le monde de la bourgeoisie britannique, guindé et hypocrite à celui du théâtre où tout n'est que faux semblant.
Techniquement, il contient quelques belles scènes sur les docks de Marseille.
Easy virtue (1927)
Le passé ne meurt pas
Origine : GB Scénario: Eliot Stannard Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 55 mn
Lorita, une femme de la bonne société qui mène une vie déshonorante aux yeux des siens, a une liaison tragique avec une homme qui peint son portrait. Elle divorce de son mari alcoolique pour se marier avec un aristocrate qui divorce à son tour lorsqu'il découvre son passé.
Le film se passe sur la côte d'Azur et comporte quelques scènes techniquement intéressantes.
The ring (1927)
Le masque de cuir
Origine : GB Scénario: Eliot Stannard Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 64 mn
C'est un des rares films d'Hitchcock ne comportant pas d'intrigue criminelle: Un jeune boxeur (Bob) est rival d'un autre boxeur (Jack) auprès d'une caissière de fète foraine (Nelly). Au cours d'un grand match, Jack l'emporte sur Bob qui reste solitaire.
The farmer's wife (1928)
Laquelle des trois Origine : GB Scénario: Eliot Stannard Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 67 mn
Un fermier (Samuel) devenu veuf, est en butte aux avances de 3 femmes: Louisa, Thirza et Mary. Samuel finit par épouser Araminta, sa servante...
Ce film est une comédie tirée d'une pièce de théâtre à succès.
Champagne (1928)
A l'américaine Origine : GB Scénario: Eliot Stannard Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 61 mn
Ce film est une comédie légère sur le thème de le jeune femme riche et déchue (voir Downhill).
Betty part pour un voyage autour du monde lorsque son père (un millionnaire du commerce du champagne) refuse d'accepter son petit ami. Pour lui donner une leçon, son père lui fait croire que la famille a perdu sa fortune et la jeune fille en est réduite à vendre son champagne dans un cabaret...
Cette photo montre l'équipe de tournage avec Hitchcock à l'extrème gauche :
The manxman (1929) Origine : GB Scénario: Eliot Stannard Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 62 mn
Contrairement à Champagne, The manxman est un film très sérieux.
Pete, un modeste pêcheur de l'ile de Man et Philip, un homme de loi, sont tous deux amoureux de Kate. Pete est jugé trop pauvre pour elle, il s'en va et on le croit mort. Mais Pete revient, Kate l'épouse et met au monde un bébé dont Philip est le père puis tente de se suicider. Philip et Kate finissent par quitter l'ile de Man sous l'hostilité de la foule.
C'est le dernier film muet d'Alfred Hitchcock.
Blackmail (1929)
Chantage
Origine : GB Scénario: Alfred Hitchcock, Ben W. levy et Charles Bennett Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 97 mn
Un jeune policier, Frank, est marié avec Alice. Celle-ci, après avoir flirté avec un peintre, repousse ses avances et finit par le tuer avec un couteau à pain. Un passant, Tracy, voit sortir Alice de chez le peintre et décide de la faire chanter avec un gant trouvé sur les lieux du crime.
Pour échapper aux policiers, Tracy se cache dans le British Museum et se tue en tombant du haut de la coupole.
On retrouve là les ingredients du Hitchcock que l'on aime : un meutre à l'arme blanche, un maître-chanteur, une poursuite dans un décor fantômatique :
et une fin morale avec la mort du méchant...
Juno and the Paycock (1929)
Murder (1930)
Meurtre
Origine : GB Scénario: Alma Reville Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 108 mn
Une comédienne est assasinée et Diana(Norah Baring) une de ses collègues retrouvée à coté de la victime est immédiatement accusée du meurtre, jugée et condamnée à mort. Un des membres du jury est Sir John Menier(Herbert Marshall) un célèbre acteur de théâtre qui est convaincu de l'innocence de Diana. Menier finit par découvrir que Diana est amoureuse de Handel Fane un jeune métis qui cache son complexe en se grimant pour son numéro de trapèze et qu'il a assassiné l'actrice parce qu'elle avait découvert son secret . Se sachant découvert, Handel Fane se suicide durant son numéro en sautant dans le vide avec une corde au cou...
Bénéficiant des premières années du cinéma parlant Meurtre est une très grande réussite tant au niveau de l'intrigue que de l'interprètation. Même si le thème initial peut aujourd'hui faire sourire (un homme poussé au meurtre par le complexe de sa race), le film n'a pas pris une ride.
The skin game (1931) Rich and strang (1932), A l'est de Shangai Number seventeen (1932), Numéro dix-sept Wlatzes from Vienna (1934), Le chant du Danube The man who knew too much (1934), L'homme qui en savait trop - première version
The 39 steps (1935)
Les 39 marches
Origine : GB Scénario: Charles Bennett et Alma Reville Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 86 mn
Le film débute dans un music-hall londonien (le Palladium). L'homme (Mr Memory) affirme pouvoir répondre à toutes les questions du public grace à son infaillible mémoire. Alors qu'une bagarre se déclenche dans le théâtre, un jeune canadien, Richard Hannay (Robert Donat) rencontre Annabelle Smith, une jeune et jolie femme brune (Lucie Mannheim). Il décide de l'héberger pour la nuit et elle lui raconte que sa vie est en danger car elle s'oppose à la divulgation d'un secret d'état (une formule) par une organisation criminelle appelée Les 39 marches. Elle affirme que le chef de cette organisation est un homme de la bonne société (auquel il manque une phalange à un doigt).
Au cours de la nuit, Annabella s'affale sur le lit de Richard, un couteau planté dans le dos, la main tenant une carte d'Ecosse sur laquelle le nom d'une petite ville est entouré...
Le jeune homme prend peur, s'enfuit en laissant le cadavre et prend le train pour l'Ecosse.
 La concierge découvre avec effroi le cadavre et prévient la police. Richard devient alors le suspect numéro un. On remarquera le superbe enchainement entre le cri de la concierge et le sifflement du train sortant du tunnel.
Repéré par la police, Richard parvient à quitter le train non sans avoir embrassé de force une inconnue, Pamela (Madeleine Caroll). Il trouve alors refuge dans une ferme mais il est toujours traqué par la police. Après maintes péripéties, il finit par trouver le lieu indiqué par la carte qui est la demeure du Professeur Jordan, un notable du coin...qui a une phalange coupée ! Ce dernier tente de tuer Richard mais il parvient à s'échapper et préfère contacter la police. Bien entendu, les policiers ne le croient pas (comme d'habitude chez Hitchcock) et il doit s'évader de nouveau pour se retrouver dans une salle de réunion électorale...ou il retrouve Pamela.
Deux soit disant policiers les arrètent alors et les attachent ensemble par des menottes. Ils profitent d'un arrêt de la voiture pour s'enfuir de nouveau (toujours attachés) et prennent une chambre dans un hôtel. Pamela apprend par une conversation téléphonique que le Professeur Jordan sera au Palladium de Londres le soir. Richard s'y rend et voit de nouveau le numéro de Mr Memory, qui est en fait la clef du mystère.
Il a appris par coeur la formule. En plein milieu du spectacle, Richard hurle "Que sont les 39 marches ?", surpris, Mr Memory commence à répondre mais il est abattu par Jordan qui est arrèté sur la scène du théâtre...
Avec ce film, Hitchcock trouve de nouveau ses thèmes favoris: l'incompétence de la police, un homme ordinaire injustement accusé, une intrigue d'espionnage et un final dans un théâtre...
L'anecdote la plus célèbre sur ce film concerne les menottes. Hitchcock, qui adorait faire des blagues (pas toujours de très bon goût) à ses acteurs, prétexta d'avoir perdu les clefs des menottes et laissa ainsi Robert Donat et Madeleine Caroll attachés ensemble à un lit pendant une demi-journée !
The secret agent (1936), Quatre de l'espionnage Sabotage (1936), Agent secret Young and innocent (1937), Jeune et innocent
The lady vanishes (1938)
Une femme disparait
Origine : GB Scénario: Sidney Gilliat et FranckLaunder Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 95 mn
L'action démarre dans un hôtel des Balkans où une jeune femme, Iris (Margaret Lockwood), passe la nuit avant de reprendre le train pour Londres. Elle rencontre un musicologue plutôt goujat, Gilbert (Michael Redgrave) et une vielle dame charmante, Miss Froy (May Whitty).
Lors du voyage vers Londres, Miss Froy disparait mystérieusement. Iris part à sa recherche mais se heurte à l'incrédulité des autres voyageurs qui affirment n'avoir jamais vu cette dame dans le train. Après avoir convaincu Gilbert de l'aider dans sa tâche, Iris finit par découvrir que le train est rempli d'espions et que Miss Froy travaille pour les services secrets britanniques. Elle doit ramener un message codé dans le début d'une musique ce qui explique son enlèvement par les espions ennemis. A la fin du film, les méchants sont démasqués et Miss Froy retrouve ses amis dans les bureaux de Scotland Yard...
The lady vanishes est le plus gros succès de la période anglaise du réalisateur. Le film mèle à la fois suspense et humour en particulier sur les personnages secondaires comme les deux passionnés de cricket ou bien la bourgeoise capricieuse et dégénérée (ci-dessous lors de la fusillade avec les espions ennemis) :
Hitchcock ne se gène par pour éborgner un fois de plus le clergé (la fausse none aux talons hauts) :
Le film contient quelques effets cinématographiques remarquables comme le nom de Miss Froy (tracé de sa main) qui apparait sur la vitre humide du train lorsqu' Iris tente de convaincre Gilbert :
Remarquez le mot FROY tracé au doigt sur la vitre...
Jamaica Inn (1939), La taverne de la Jamaïque
La période américaine Rebecca (1940) Foreign correspondent (1940), Correspondant 17 Mr. and Mrs. Smith (1941), Joies matrimoniales
Suspicion (1941)
Soupçons
Origine : US Scénario: Samson Raphaelson, John Harrison, Alma Reville Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 99 mn
Lina Mc Kinlaw(Joan Fontaine), une jeune fille timide de la "bonne" société britannique (fille de général) tombe amoureuse de John Aysgarth(Cary Grant), un play-boy dépensier que Lina prend pour un riche fils de famille. Malgré l'opposition de ses parents, Lina épouse John et le couple part s'installer dans une superbe villa dans le Sussex. Lina apprend rapidement que son mari n'a ni fortune, ni envie de travailler et qu'il compte vivre des rentes de la famille Mc Kinlaw. John retrouve un de ses amis nommé Beaky avec lequel il projette de monter une affaire immobilière. Lors d'un voyage à Paris, Beaky meurt et Lina est alors persuadée que John est un assassin qui tôt ou tard de débarassera d'elle pour hériter de sa fortune. L'épilogue montre que les soupçons de Lina n'étaient qu'une invention et que Beaky est bien mort accidentellement...
Ce film est la deuxième collaboration entre Hitchcock et Joan Fontaine, la jeune actrice qu'il avait révèlée dans Rebecca, sa première réalisation américaine. Agée de 24 ans au moment du tournage de Soupçons, son role de nunuche effarouchée lui vaudra l'oscar de la meilleure interprètation féminine en 1942.
Hitchcock étudie ici les fantasmes d'une petite bourgeoise qui épouse un aventurier pour échapper (inconsciemment ou non) au carcan d'une famille bourgeoise.
Elle rencontre John un première fois au hasard d'un compartiment de train (où il lui emprunte quelques pièces de monnaie pour payer son billet) puis au hasard de réceptions mondaines où le malotru s'incruste sans aucune gène apparente.

John est réellement amoureux de Lina car elle est soumise et lui permet de vivre à peu près correctement sans travailler.
Tout ce petit monde continurait son bonhomme de chemin sans l'intervention de Beaky, l'ami de galère de John dont la bonhommie et la crédulité apparente vont provoquer chez Lina un horrible soupçon
La peur et l'angoisse font partie selon Hitchcock des fantasmes les plus courants chez l'être humain. Lina pousse ses fantasmes jusqu'à imaginer la mort de Beaky (précipité du haut d'une falaise par John), puis la sienne avec la fameuse scène de John montant un verre de lait qu'elle pense empoisonné.
La scène est typique du cinéma d'Hitchcock, avec un escalier aux ombres menaçantes. L'attention du spectateur est attirée par l'étonnante luminosité du verre. Hitchcock expliquera cet effet plus tard à François Truffaut
F.T. Lorsque Cary Grant monte l'escalier, c'est très bien A.H. J'avais fait mettre une lumière dans le verre de lait F.T. Un projecteur dirigé vers le lait ? A.H. Non, dans le verre. Parce qu'il fallait que ce fût extrêmement lumineux. Cary Grant monte l'escalier et il fallait que l'on ne regardât que ce verre
Saboteur (1942), Cinquième colonne
Shadow of a doubt (1943)
L'ombre d'un doute
Origine : US Scénario: Sally Benson, Joan Harrison, Gordon McDonell, Alma Reville, Thornton Wilder Réalisation: Alfred Hitchcock Durée: 108 mn
Charlie Oakley (Joseph Cotten), un assassin de riches veuves est recherché par la police. Il trouve refuge chez sa soeur dans une petite ville de Californie. Charlie Newton (Teresa Wright), sa jeune nièce commence à le suspecter. Deux policiers se présentent lors comme étant des journalistes. L'un deux, Jack Graham (Mac Donald Care |